En 2012, les accords préélectoraux n’ont pas toujours résisté au résultat des urnes

Quelles alliances à l’issue du scrutin ? Aucune formation politique n’échappe à la question, même si la plupart d’entre elles préfèrent l’évacuer en invoquant le choix des électeurs. C’est que les accords préélectoraux valent parfois bien peu au regard des urnes. Certaines listes en ont fait les frais.

À Durbuy et Nassogne notamment, où les membres de l’opposition digèrent toujours assez mal le fait d’avoir été relégués dans la minorité. "Il existait pourtant un accord formel signé par notre liste et celle du bourgmestre", se souvient Laurence le Bussy, candidate socialiste et tête de liste Commune Passion à Durbuy. " Certes, les résultats des élections n’étaient pas à la hauteur de nos attentes : on se doutait qu’on obtiendrait moins que prévu. Mais la majorité ne nous a offert que le CPAS en précisant que c’était non négociable. C’est se moquer de nous. Depuis, la confiance est rompue. "

Le bourgmestre Philippe Bontemps nuance. "L’accord était valable si nous passions de 10 à 11 élus ", explique-t-il. " Or, nous sommes passés à 14 élus, alors que le PS passait de 6 à 4. Il fallait tenir compte du résultat des élections et pondérer l’accord. "

À Nassogne, le groupe Ensemble n’a pas non plus retiré les bénéfices escomptés du préaccord initié par l’ancien bourgmestre. " En 2006, un préaccord avait été conclu à la demande du bourgmestre Marcel Sépul, sachant qu’il quitterait ses fonctions en 2010" , explique Philippe Lefèbvre, tête de liste du groupe Ensemble. " Le préaccord portait sur douze ans et prévoyait que notre liste serait la première consultée. " Las, le groupe Ensemble mène aujourd’hui campagne depuis les bancs de l’opposition, face à la majorité absolue de l’actuel bourgmestre Marc Quirynen. " Élargir la majorité devait se faire à tête reposée ", explique ce dernier. " J’ai rencontré les représentants des autres groupes, mais les propositions formulées ne rencontraient pas nos aspirations. " Une analyse contestée par la minorité. "Le bourgmestre n’a jamais voulu nous prendre dans la majorité. Il n’était même pas question de programme."

Les contre-exemples existent. Comme à Marche, où malgré son écrasante majorité en 2012 le CDH s’est associé le concours du PS après des années de coalition avec le MR. "Il y a très longtemps que nous obtenons la majorité absolue", commente le bourgmestre André Bouchat. "Mais j’ai toujours voulu avoir un partenaire pour avoir un autre coup d’œil sur la société marchoise."

N.P.