Luxembourg

Malgré l’abandon du projet Nassonia voilà bientôt deux ans, la forêt de Nassogne déchaîne encore bien des passions. 

Dans le milieu de la chasse en particulier. Plusieurs camps se disputent les 1.500 hectares de forêts autrefois visés par le projet d’Éric Domb depuis leur mise en adjudication par la commune de Nassogne en 2017. Une bataille qui a conduit les titulaires actuels devant le tribunal correctionnel de Marche. Ces derniers se sont ainsi retrouvés suspectés d’avoir nourri le gibier pour en faciliter le tir. Des accusations formulées au départ de témoignages anonymes, que les intéressés contestent vigoureusement. D'autant que ces derniers se réclament d’une chasse « éthique » interdisant le nourrissage. 

« C’est un projet qui dérange les chasses d’affaire », souligne l’un des prévenus à l’instruction d’audience en janvier. « En reprenant les lots, on s’est mis un paquet de gens sur le dos. Depuis, tous les coups sont permis. On veut nous discréditer, nous saboter. » Le tribunal a finalement acquitté les chasseurs, estimant que leur thèse n’était pas totalement impossible. « Il est constant et notoirement connu que des jalousies et des rancœurs tenaces peuvent exister dans le milieu de la chasse », peut-on lire dans le jugement prononcé ce vendredi. 

Une partie des prévenus étaient également poursuivis dans le cadre d’un second dossier, relatif au tir d’un cerf cette fois. Un dossier pour lequel l’ancien titulaire des lots de chasse en question s'était constitué partie civile en sa qualité de président du Conseil Cynégétique du Massif Forestier de Saint-Hubert. Constitution qualifiée d’irrecevable par les chasseurs poursuivis. « Le président du Conseil Cynégétique sait que si le tribunal prononce une condamnation, la commune de Nassogne pourra rouvrir les adjudications et interdire à mes clients de se représenter » souligne l’avocat de la défense Jacques Mathieu, qui dénonce une « instrumentalisation de la justice. » 

Le président du tribunal a ordonné la réouverture des débat au mois d’avril, sans pour autant statuer sur la question des parties civiles.