Luxembourg

Après les parties civiles mercredi, c’était au tour des avocats de la défendre de prendre la parole jeudi matin. 

Les plaidoiries ont débuté par celle d’Alexandre Wilmotte, le conseil de Sébastien Kesteman, accusé avec Radwan Elmi-Galib et Jennifer Sablon du meurtre de Nathan Kettani et Vinciane Lamoot le 11 août 2016 à Rendeux. Comme il l’avait annoncé dès la lecture de l’acte de défense en ouverture de procès, l’avocat liégeois a plaidé coupable. « C’est la première fois en cinq ans de cour d’assises que dès l’entame des débats, je plaide en faveur de la culpabilité de mon client », a-t-il déclaré. « Une culpabilité totale. Je ne suis pas là pour permettre à monsieur Kesteman d’échapper à ses responsabilités. » Et l’avocat n’énumérer l’ensemble des éléments pour lesquels sont client est en aveu. Les repérages, les colsons, le scotch, le projet de lettrage destiné à piéger Nathan Kettani, les pelles et pioches embarqués pour enterrer les corps, sa participation au meurtre de Nathan Kettani. Un souci de « transparence » que Me Wilmotte oppose à l’attitude d’Elmi-Galib, présenté comme un « menteur compulsif » pleurnichard qui impute absolument tout à Kesteman. Lequel nie toutefois avoir noyé Vinciane Lamoot dans sa baignoire et avoir porté les coups de couteau à Nathan Kettani. « Quelle que soit l’hypothèse qu’on retient, cela n’atténue en rien la responsabilité de M. Kesteman dans les faits. Il en est pleinement responsable au même titre que les autres accusés et en assumera pleinement les conséquences. »

L’avocat d’Elmi-Galib, Cédric Moisse, épingle quant à lui le processus de « diabolisation » à l’encontre de son client. « Le mauvais mari, le magouilleur, qui trafique, fait de fausses fiches de paye, le profiteur, le pleurnichard », commente l’avocat bruxellois. « M. Elmi-Galib n’est certainement pas le gendre idéal. Mais vous ne jugez pas le fait qu’il soit sympathique, un bon mari ou magouilleur. Vous jugez des faits que la partie civile, l’accusation et Me Wilmotte veulent lui imputer. » S’il s’attend à ce que son client soit condamné, Me Moisse invite les jurés à se pencher sur les éléments matériel pour déterminer qui a fait quoi dans la maison de Rendeux. « Vous ne pouvez pas croire à cette envolée lyrique qui consiste à dire qu’il n’y que deux coauteurs. » Les incohérences quant à l’existence d’un second couteau à Rendeux, la présence de sang sur les chaussures de Kesteman, de traces de sang sur la baignoire de la salle de bain… L’avocat énumère toute une série d’éléments matériels visant à démontrer que Kesteman est l’auteur des deux meurtres. « Pourquoi Kesteman a-t-il intérêt à mentir ? Ils s’étaient mis d’accord sur une version et Elmi-Galib l’a trahi dès sa première audition. La vengeance est un plat qui se mange froid. »