Ce menuisier en faillite a émis pour plusieurs milliers d’euros de faux billets

Un Chestrolais de 35 ans comparaissait mardi devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau pour abus de confiance et faux monnayage. Confronté à d’importants problèmes financiers suite à la faillite de sa menuiserie, le prévenu a opté pour une solution aussi désespérée qu’illégale : imprimer ses propres billets de banque. Pas question ici de contrefaçon professionnelle.

L’ancien menuisier se contentait de scanner des coupures de 50€ qu’il imprimait ensuite à l’aide d’une simple imprimante sur du papier acheté dans la région.

Au total, le faussaire aurait émis quelques dizaines de faux billets pour une valeur oscillant entre 2.000€ et 3.000€. Des billets qu’il a ensuite écoulés auprès de plusieurs magasins locaux. Une trentaine d’entre eux se constitués parties civiles. Outre l’impression de fausse monnaie, l’intéressé a également tenté de se refaire une santé financière en revendant plusieurs véhicules qu’il avait en leasing.

“Le faux monnayage et l’abus de confiance sont passibles de peines d’emprisonnement allant de 1 à 15 ans de prison”, souligne le substitut du procureur du Roi Pierre d’Huart, qui relève toutefois plusieurs circonstances atténuantes dans le chef du prévenu. “Sa collaboration à l’enquête, la détresse économique dans laquelle il se trouvait à l’époque et la faible importance de son trafic. Mais le système économique repose sur la confiance dans la monnaie. Si on écoule de faux billets, on fragilise le système économique.

Le parquet réclame un an d’emprisonnement. La défense sollicite une peine de travail. “Monsieur a fait faillit, sa maison a été vendue, il s’est retrouvé dans une situation tellement désespérée qu’il s’est mis à photocopier des billets de banque”, souligne son avocate Véronique Dury. “Dès le début il a reconnu les faits et collaboré à l’enquête dans une totale transparence. Il a depuis lors retrouvé un emploi, sa compagne également. Ils ont une petite fille de 6 ans. Leur situation est aujourd’hui stabilisée.” Le tribunal prononcera son jugement le 14 janvier.