En voiture, il avait renversé la victime avant de prendre la fuite

Les faits ont eu lieu à Longeau (Messancy) en novembre 2018. Ce jour-là, Julien (prénom d’emprunt) n’est visiblement pas dans son état normal. Il avouera en effet avoir consommé de la drogue, tout en ayant bien picolé avant. C’est donc imbibé et avec une envie farouche d’en découdre qu’il se présente au domicile de la victime. On l’appellera Vincent. On vous passera les détails du motif et de l’altercation initiale entre les deux hommes. Le plus grave arrive lorsque Julien monte dans sa voiture pour repartir chez lui.

"Vous avez d’abord donné un coup de pied au rétroviseur de la voiture de Vincent. Vous l’avez d’ailleurs cassé", poursuit-elle. Julien dit avoir ensuite "paniqué" au moment de quitter les lieux. "Je ne voulais pas avoir maille à partir avec lui. Je savais qu’il pouvait me faire mal", dit-il au juge. On évite alors le pire lorsqu’il démarre. "Vous l’avez percuté ! Il était au milieu de la route, bien visible. Il voulait que vous vous arrêtiez. La victime a même volé au-dessus de votre pare-brise. Et vous ? Vous avez continué votre route…", explique le juge Poncelet.

Le prévenu tente d’expliquer sa vision des choses, pas toujours très claire à entendre. "Non, je ne l’ai pas vue", dit-il. Mais il avoue quand même "avoir entendu un boum. Je ne pensais pas qu’il y avait quelque chose de grave", dit-il ensuite. Fort heureusement, la victime s’en sortira malgré quelques fractures et une grosse frayeur.

Les témoins de la scène accablent Julien. Notamment sa compagne, présente à ses côtés dans la voiture au moment de l’impact. "Bizarrement elle confirme que vous aviez bien vu la victime au milieu de la route et que vous avez volontairement foncé dessus. Une fois fait, vous lui avez dit de ne pas s’inquiéter. Qu’il n’avait que ce il méritait. Que ce n’était pas la peine de s’arrêter car il ne devait pas avoir de graves blessures", poursuit le parquet qui confirme la tentative de meurtre. La peine demandée s’élève donc à 3 ans de prison ferme.

"Vu son état (drogue et alcool), avait-il vraiment l’intention de tuer Vincent ?" se demande son avocat, Me De Coster, qui plaide l’acquittement. Le jugement sera rendu le 22 janvier.

L.T