Le café The New à Neufchâteau est le seul établissement de la commune. La patronne a souffert avec la crise sanitaire.

C’est une bien triste histoire que celle de Sylviane Winand (58 ans), gérante du café The New sur la grand-place de Neufchâteau depuis 7 ans. Elle est durement impactée par presque un an de confinement.

Psychologiquement, c’était très difficile. Un peu déprimée par moments, notamment lors de l’annonce du second confinement. On n’en dort plus, on ne sait pas quoi faire et on attend des informations à la maison. Seule, alors que le café était souvent rempli, je me sentais inutile. On ne peut pas non plus tout le temps nettoyer, rafraîchir la maison durant un an. Parfois, je me rendais au café. Le fait de le voir vide, ça me donnait des crises d’angoisse et des pleurs”, nous dit-elle.

C’est dans ces moments-là que les proches sont importants. D’autant plus que Sylviane a déjà connu une mauvaise aventure dans le passé. “Je tenais une boulangerie dans la commune voisine de Léglise et suite à un incendie, j’avais dû stopper l’activité. Avec ce covid, je me suis dit que ça allait recommencer. Perdre tout ce que j’avais… Heureusement, les amis, la famille et les clients ont été très proches et je les remercie. Je suis une battante et j’ai gardé le moral. J’ai besoin de travailler et de tenir ce café”, ajoute-t-elle.

The New emploie habituellement une dizaine d’étudiants. La crise sanitaire n’a pas fortement perturbé ces derniers, mais les charges continuent de tomber. “Il faut sortir plusieurs milliers d’euros chaque moi. Comme d’autres, j’ai reçu deux fois 5.000 euros comme droit passerelle, mais c’est bien trop peu que pour compenser les pertes liées à cette longue fermeture. De mon côté, comptez environ 50.000 euros de perte. Etant angoissée et stressée de nature, je n’aime pas trop laisser les factures non payées. Il faut que je les règle le plus vite possible, même sans avoir de rentrées. Dès lors, j’ai décidé de vendre ma voiture pour prendre une plus petite, d’occasion. Ça m’a permis de régler plus rapidement ces factures.”

Aujourd’hui, une petite lueur d’espoir est là avec l’annonce de la réouverture des établissements le 1er mai. “On a enfin une date, un objectif ! C’est déjà ça. De toute façon, il faudra bien reprendre le travail un jour ou l’autre et faire avec ce virus. Pas le choix”, conclut-elle.