La défense interroge : « Et si ça avait été une main aux fesses d’une fille ?»

Un Marchois de 27 ans se retrouve devant le tribunal correctionnel de Marche pour coups et blessures dans un bar du centre-ville. Le prévenu n’a visiblement pas apprécié qu’un autre homme lui mette la main aux fesses. Il s’est retourné et lui a asséné deux coups de poing. « Il y a des gestes qui ne se font pas. Sinon, je n’avais rien contre lui », explique le prévenu à l’audience. Le parquet et la partie civile y voit une agression purement gratuite.

La défense n’est pas de cet avis. « N’est-on pas en train de faire deux poids deux mesures ? Et si c’est mon client qui avait mis la main aux fesses d’une fille ? Si les genres avaient été inversés, la réponse pénale aurait-elle été la même ? Je ne pense pas. L'auteur aurait été poursuivi pour attentat à la pudeur », estime Me Gilles Gruslin, qui conteste au passage toute réaction homophobe.

L’avocat évoque au contraire une forme de provocation. « La provocation ne doit pas nécessairement être physique. Elle peut également être morale ou constituer une atteinte à l’honneur. Mon client a perçu le geste de la partie civile comme une atteinte à son honneur. Sans ce comportement obscène et déplacé, les faits ne se seraient pas produits. » La partie civile réclame 2.500€ à titre de dommage moral et corporel. La défense demande qu’une partie du dommage soit mis à charge de la partie civile. Sur le plan pénal, Me Gruslin sollicite la suspension du prononcé. « Dans le contexte actuel d’hygiénisme, de phénomène #Metoo, il ne faut pas faire deux poids deux mesures. Si cela avait été une main aux fesses d’une jeune fille, la réponse du parquet aurait été très différente. » Jugement le 28 février.