Le docteur Parmentier recommande de renforcer les mesures de protection.

Si le pic de l’épidémie n’est, semble-t-il, pas encore atteint en province de Luxembourg - une cinquantaine de cas seraient recensés - les médecins généralistes, en première ligne, constatent une augmentation des appels téléphoniques pour des symptômes grippaux.

À Gouvy, le calme relatif du début de l’épidémie, a fait place à un quotidien pour le moins mouvementé avec une charge de travail beaucoup plus importante et un renforcement des mesures de protection.

"Poser un diagnostic par téléphone n’est pas toujours possible" explique le docteur Igne Parmentier, membre d’une association de médecins généralistes. "Il arrive que, pour d’autres symptômes que le Covid-19, par exemple, pour une douleur abdominale, il faut voir le patient. J’accepte de les recevoir dans mon cabinet mais ils doivent porter un masque buccal et des gants de protection.."

Dans la commune, la solidarité joue pour éviter la pénurie de masques en tissu. "Plusieurs couturières se sont manifestées. L’équipe étoffée permet d’augmenter le nombre de masques de protection fabriqués à la main avec du coton serré et des élastiques. Ils sont mis en vente dans les pharmacies de Gouvy et de Cherain."

La doctoresse estime que les mesures préconisées par les pouvoirs publics, comme se laver les mains plusieurs fois par jour au savon, ne sont plus suffisantes. "Je recom mande, à présent, de porter un masque, même si on n’est pas malade, par exemple, pour aller faire ses courses au supermarché. On peut facilement le fabriquer soi-même. Il ne faut pas le porter plus de trois heures de suite. Il doit impérativement être lavé à plus de 60 degrés."

Malgré la surcharge de travail, le docteur Igne Parmentier reste zen.

"La situation est grave mais il est important de ne pas paniquer pour la gérer au mieux. J’ai considérablement renforcé les mesures de protection et je n’ai pas peur pour ma santé. Je recommande vivement à chacun et chacune de se protéger en portant un masque lorsqu’il ou elle peut avoir des contacts dans un lieu public ", insiste-t-elle.

Nadia Lallemant