La société Burgo Ardennes est poursuivie devant l’auditorat du travail pour un accident survenu en mai 2015 sur le site de son usine de pâte à papier près de Virton. Alors qu’il effectuait des vérifications au niveau d’une fosse contenant un liquide à 90°C, un ouvrier a basculé à l’intérieur. Grièvement brûlé, il a du être plongé en coma artificiel. "Monsieur présentait des brûlures au deuxième degré sur plus de la moitié du corps. Il a subi un véritable martyre", souligne son avocate, Anne De Bie.

Partie civile et ministère considèrent Burgo responsable. La société n’aurait pas pris les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité à proximité de la fosse. On lui reproche notamment l’absence de garde-corps au niveau de l’escalier où s’est produit l’accident. Un escalier raide, aux marches étroites et particulièrement glissantes. L’auditorat du travail requiert une amende de 60.000€.

La défense sollicite l’acquittement sur base de l’erreur invincible. Me Mehdi Aboudi, l’avocat de Burgo, rappelle qu’en 2013, l’entreprise avait réalisé des travaux pour sécuriser la fosse. Des travaux validés par le service interne de protection et de prévention, qui n’aurait, selon la défense, pas fait son travail correctement.

"On s’entoure de gens formés pour examiner la situation, on prévoit des travaux, et voilà que le service interne ne pense pas au portillon et aux marches de l’escalier", explique l’avocat. "Nous ne sommes pas dans une entreprise familiale, mais dans une société qui emploie 700 à 800 personnes. Vous ne pouvez pas évacuer l’éventualité que tout employeur placé dans les mêmes conditions aurait agi de la même façon."

Une ligne de défense taclée par la partie civile. "Burgo essaye de s’exonérer en rejetant la responsabilité sur ses préposés", souligne Anne De Bie. "Le service interne de prévention et de protection est composé de travailleurs de Burgo. S’il ne fonctionne pas, c’est le problème de Bugo." Ce n’est pas la première fois que l’entreprise est pointée pour ses manquements à la sécurité. En avril dernier, le tribunal la condamnait pour la mort de l’un de ses ouvriers lors d’un accident de travail. Sept dossiers ont été transmis à l’auditorat au cours de l’année écoulée.