Ce dernier avait empoigné un enfant de 12 ans qui s’amusait à sonner à sa porte : les parents ont cru à une tentative d’enlèvement. « Nos enfants ont eu la mauvaise idée d’aller sonner à la porte de monsieur pendant qu’on préparait la salle de l’école de Hollogne pour un souper », explique l’un des prévenus à l’audience. « À un moment, les gamins sont arrivés en hurlant qu’on avait « chopé » l’un d’eux. » Paniqués, les parents se sont précipités à la recherche de l’enfant. « On l’a retrouvé avec des marques sur le cou. » Sous le choc, les enfants désignent une voiture avec deux personnes sur le point de partir. Les parents se ruent sur le conducteur pour le tabasser, pensant qu’il s’agit d’un ravisseur en train de s’enfuir. « On ne savait pas que c’était un policier », souligne l’un des prévenus.

Vu le contexte et l’absence d’antécédents des trois hommes, le parquet ne réclame qu’une peine de travail. Du côté de la défense, on sollicite l’acquittement sur base de la contrainte irrésistible. « L’idée d’une tentative d’enlèvement était tout-à-fait probable », souligne Me David Verday, l’avocat de l’un des prévenus. La défense remet par ailleurs en cause l’attitude du policier et la façon dont le dossier a été monté. « Le père de l’enfant a demandé qu’on constate les marques de doigts sur le cou et les griffes au visage de son fils. Mais les policiers lui ont répondu que c’était inutile car leur collège n’allait pas déposer plainte. Quand il a appris que le policier avait finalement porté plainte, le père a décidé de porter plainte à son tour. Aucune trace de cette plainte au dossier. Pas plus que des marques de coups sur l’enfant ni du classement sans suite de ce volet. Il y a clairement deux poids deux mesures. C’est un scandale ! » Le parquet a finalement demandé que le dossier soit reporté pour pouvoir apporter des explications complémentaires. Prochaine audience le 8 janvier.