Luxembourg L’enseignant assure avoir agi dans les règles

Un enseignant de 58 ans se retrouve devant le tribunal correctionnel de Marche-en-Famenne pour coups et blessures suite à une intervention musclée sur un élève de 14 ans. Les faits se sont produits dans une école d’enseignement spécialisé du nord de la province, au départ d’une altercation entre deux élèves.

"J’ai demandé à l’un des élèves de sortir", explique le professeur. "Il a commencé à proférer des insultes. Quand je lui ai demandé de s’asseoir, il a retourné une chaise et une table. Je l’ai empoigné, j’ai fait une contention, puis je l’ai conduit au secrétariat où je l’ai tenu assis sur une chaise."

S’il reconnaît une petite tape "amicale" à l’arrière du crâne, l’enseignant assure avoir agi selon les règles. "Je suis des formations organisées par la Fédération Wallonie-Bruxelles pour apprendre à maîtriser les élèves sans les blesser. Il faut savoir que nous sommes quand même amenés à gérer des élèves caractériels de 12 à 20 ans."

Les parents réclament 2.000€ pour dommage moral et frais médicaux. "Des blessures ont été constatées par la police et le directeur de l’école, et attestées par un certificat médical", souligne le ministère public, qui requiert une peine de travail. "Comment pouvons-nous affirmer que les griffures et les ecchymoses n’ont pas été causées lors de l’altercation entre les élèves ?" objecte Antoine Trevisan, l’avocat de la défense. "Mon client enseigne dans cet établissement depuis 36 ans, sans le moindre blâme. Un établissement où règne en permanence une violence possible. Pour inscrire son fils, le père a du signer une déclaration mentionnant une circulaire qui prévoit la possibilité d’user de mesures de contention et d’isolement. Comment exercer sa profession sans exercer une autorité destinée à maintenir l’ordre et la sécurité ? Condamner mon client reviendrait à mettre fin à son autorité. C’est lui que vous mettriez en danger."

Les réclamations de la partie civile ? "Une affaire d’argent et de vengeance personnelle", conclut l’avocat de la défense. Jugement le 13 décembre.