La police découvre d’abord quelques plants de cannabis…mais aussi une vingtaine d’armes chez cet homme.

C’est une histoire originale que Roger (né en 1966), habitant dans la région de Virton, raconte au juge Poncelet. On lui reproche d’abord le fait d’avoir cultivé du cannabis, à son domicile. Certes, en petite quantité, puisque quatre plants et environ 24 grammes seront retrouvés. Mais la loi l’interdit, comme l’a rappelé le juge Poncelet ce matin.

"Je reconnais les faits. J’aime cette plante, son odeur. Par contre, je n’aime pas en consommer. Un jour, j’ai donc voulu planter une graine. Quelques mois plus tard, j’ai eu jusqu’à quatre plants. Je sais, c’était ridicule. Mais je n’ai jamais vendu ou voulu vendre à autrui. Seul un cercle restreint d’amis, quand ils venaient à la maison, savaient. Ce sont souvent eux qui goûtaient aux arômes de cette plante", explique-t-il. Le meilleur arrive durant la perquisition. Les policiers découvrent en effet environ une vingtaine d’armes, détenues sans autorisation : des pistolets, carabines de collection, armes à feu, couteaux militaires…on trouve de tout. 

"A l’origine, la plupart d’entre-elles appartenaient à mon papa. Je suis aussi un ancien vice-champion de Belgique de tir sportif. J’allais m’entraîner dans le club de tir à Virton. Celui-ci a fermé il y a quelques années. Depuis, je n’ai plus été tiré. Les armes ? Je les possède depuis au moins 1987. Je me souviens bien qu’à cette époque, je suis allé les déclarer à la gendarmerie de Virton, mon papa étant décédé à ce moment. C’était la procédure à respecter, à l’époque", dit-il. 

Sauf que la loi a changé depuis lors. Il fallait à nouveau les déclarer. "Sans doute…mais je ne suis pas au courant de toutes les procédures. Ça ne m’a jamais tracassé. Je me disais que j’irai les déclarer le jour ou le club de tir de Virton ouvrirait à nouveau ses portes. Et donc, que ce n’était pas nécessaire de le faire avant", confie-t-il. On le sent quand même de bonne foi dans son attitude et sa démarche, comme le sous-entendra plus tard la substitute Seret qui confirme que le prévenu a parfaitement collaboré avec la justice durant la procédure. Le parquet propose donc une peine légère. 

"Bien évidemment la confiscation des armes…Pour le cannabis, il faut distinguer deux choses : la détention et la culture. La période infractionnelle s’étend quand même sur deux années. Je demande donc qu’on cumule ces deux infractions. En résumé : 18 mois et 1500 euros d’amende (à multiplier par les décimes additionnels, soit environ 10 000 euros). Mais je ne m’oppose pas au sursis, vu l’absence d’antécédent judiciaire." L’avocat de Roger estime, quant à lui, que la prison serait une mauvaise solution. Roger est semble-t-il, encore dépressif et l’enfermer serait comme "annoncer sa mort ".

"En plus, il a encore des dettes à régler. Je vous demande donc d’être assez large dans votre jugement et de prononcer une peine minimale en ce sens", plaide Me Thiry.