Quelques automobilistes sont contents de la bande de covoiturage entre Arlon et la frontière luxembourgeoise.

C’est un trafic monstrueux qui ne fait pas que des heureux, puisque les travailleurs frontaliers doivent se farcir des kilomètres de bouchons (souvent à l’approche de la sortie Weyler/Arlon) avant de rallier leur entreprise luxembourgeoise. En ce sens, la bande de covoiturage lancée il y a quelques mois par la Sofico devait leur permettre de diminuer leur temps de parcours. Qu’en est-il réellement ? "On gagne entre dix à quinze minutes par trajet. C’est plutôt une bonne chose", nous apprend ainsi Patrick Lapraille, originaire de Léglise et adepte du covoiturage depuis une vingtaine d’années maintenant. Mais il reste encore pas mal de problèmes à améliorer. "En pratique, on ne voit pas grand-chose comme amélioration, d’un point de vue fluidité du trafic. Il est toujours aussi dense aux heures de pointe. Il y a aussi pas mal de fraudeurs qui empruntent la bande de covoiturage alors qu’ils n’en. ont pas le droit. Ils peuvent se le permettre, car les caméras de surveillance ont été placées aux mauvais endroits et les contrôles sont encore inexistants", poursuit-il.

Patrick est bien placé pour dire si ce projet est un fiasco ou non. Il soulève aussi un autre point pertinent. "Il y a une règle aberrante. On ne peut utiliser que cette bande que si on est au moins trois personnes à bord. Trois, c’est trop. Je crois qu’il faut réajuster ce chiffre à deux personnes dans la voiture. J’en connais plein qui emprunteraient cette voie si cela était possible demain. Car trois personnes qui travaillent au Luxembourg et qui sont intéressées par le covoiturage, ce n’est pas toujours évident à trouver", dit-il. Il précise aussi que rouler à 50Km/H sur la bande prévue au covoiturage est une vitesse sans doute trop basse. Il préconise ainsi au moins 70Km/H. Quant à savoir si le covoiturage lui permet de réaliser d’autres économies, la réponse parle d’elle-même : "J’ai fait mes calculs. Rien que l’an dernier, j’ai économisé 1000 euros en frais de carburant. Ajoutez à cela les frais éventuels de parking au Luxembourg et vous comprendrez que le covoiturage est un réel incitant financier", conclut-il.

L.T.