Luxembourg Un policier est mis en cause et poursuivi pour harcèlement moral

Le tribunal correctionnel s’est penché sur un cas de viol commis sur une femme âgée de 25 ans (Sophie, nom d’emprunt) en janvier 2017. Pourtant, au départ, le Parquet avait décidé de classer l’affaire. Mais après une âpre bataille juridique menée par la Partie Civile et Dimitri Soblet, le dossier est finalement réexaminé.

Quatre personnes sont donc aujourd’hui sur le banc des prévenus. Le prévenu principal (Alain, nom d’emprunt), celui qui a violé la victime, nie en bloc. Selon lui, Sophie était consentante. Assis à ses côtés, une femme (Magali, nom d’emprunt) et deux hommes (dont un policier actif dans le Sud Luxembourg) sont quant à eux poursuivis pour participation au viol, à des degrés divers, et pour harcèlement moral. On y reviendra par la suite.

"Alain voulait baiser (sic). C’est d’ailleurs ce que vous confirmez dans votre déposition, Monsieur. Vous avez donc demandé une proie. Vous l’avez eue. C’est Magali, votre amie, qui vous a apporté Sophie, une connaissance, en lui demandant de venir dans votre appartement", entame Maître Soblet, l’avocat de la Partie Civile.

On vous passera les détails de ladite soirée durant laquelle Sophie est violée dans la salle de bain. Ce sont en tout cas ses propos. "Droguée ? Sans doute. Même s’il a été difficile d’en faire la preuve lors des analyses toxicologiques, c’est un viol par ruse".

Le calvaire de Sophie ne s’arrêtera pas là. Après avoir déposé plainte à la police, un enquêteur va rapidement tomber sous le charme de la victime. Il va la harceler durant plus de quatre mois en lui envoyant des SMS parfois "très chauds", comme le souligne Marianne Lejeune, la substitut du Procureur. Le policier est poursuivi pour harcèlement moral. D’un âge avancé, il met sa fin de carrière en danger. "Un comportement totalement inacceptable. Vous êtes indigne de porter l’uniforme. Je n’aime pas votre comportement vis-à-vis de la victime. Vous êtes un charmeur, un tombeur avec ces dames. Mais non, je ne ferai jamais partie de votre fan club", dit-elle dans son réquisitoire. Néanmoins, les charges qui pèsent sur les prévenus reposent sur peu de chose. C’est pour cela que le doute subsiste et que la présomption d’innocence pourrait s’appliquer.

Des peines d’emprisonnement allant jusqu’à 2 ans sont quand même demandées par le Parquet. Réponse le 9 octobre.

L.T.