On a frôlé le drame, le 29 septembre dernier près de Wellin. Recherché pour un braquage commis la veille, un Beaurinois d’une trentaine d’années s’est engagé dans une course-poursuite effrénée avec la police de la zone Semois-et-Lesse. Lancé à plus de 120km/h sur de petites routes de campagne, le fuyard a enchaîné les dépassements dangereux, évité un piéton de justesse et frôlé la collision frontale à plusieurs reprises. Les policiers ont tenté de le dépasser pour le faire ralentir. C’est alors qu’il a provoqué l’accident en heurtant le flanc arrière de leur véhicule. La voiture de police est partie en tonneaux, la sienne s’est immobilisée sur le côté. Bilan : deux policiers blessés. Quand au chauffard, il en a profité pour se rouler un joint sur son siège. 

« L’état de la voiture des policiers fait froid dans le dos, celle du prévenu aussi », souligne Patrick Davreux, avocat des deux policiers constitués parties civiles. « Pour le même prix, aucun des trois protagonistes de ce dossier n’était là aujourd’hui. » Placé en détention préventive depuis les faits, le chauffard doit aujourd’hui répondre d’entrave méchante à la circulation et vol à main armée devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau. Le ministère public réclame 4 ans d’emprisonnement. « Le prévenu était prêt à jouer à la roulette russe avec la vie des policiers et celle des autres usagers », souligne le substitut du procureur, pointant au passage le profil psychiatrique du principal intéressé. « Depuis 2015, monsieur a été condamné à 68 mois d’emprisonnement. Il représente un danger pour la société, sans aucune perspective à court terme. Il faut que cela cesse. »

 Outre ses troubles psychiatriques, la défense évoque aussi ses problèmes de dépendance et sollicite un sursis probatoire avec prise en charge dans un hôpital psychiatrique. « Ce type est un danger pour lui-même et pour les forces de police », souligne son avocat François Leboutte, pour qui la prison ne ferait qu’aggraver les choses. « Chaque fois qu’il en sort, c’est pire. Pour le calmer, il faut une prise en charge. Sinon, il recommencera. Et dans quelques années, on le retrouvera contre un arbre. Ou il crèvera de ses problèmes de dépendance. » Jugement le 23 février.