Luxembourg Selon Jean-Michel Stasse les animaux restent dans leurs déjections durant des heures.

Les membres de l’ASBL Wolf eyes se sont rendus au zoo de Bouillon et estiment que les animaux sont détenus dans de mauvaises conditions.

"Les enclos des lions, des ours et des tigres sont bien trop exigus", explique Jean-Michel Stasse de l’association. "L’ours adopte des comportements anormaux et est en train de sombrer dans la folie. Cet ours présente un comportement de stéréotypie sévère. C’est-à-dire qu’il répète un geste, ce n’est pas naturel. C’est une aliénation qui est produite par la captivité. Cet ours va être enfermé pendant les cinquante années de sa vie pour en moyenne une minute de plaisir par visiteur devant sa cage."


Pour le membre de Wolf eyes, les lions sont également détenus dans de mauvaises conditions. "Bien que la taille de l’enclos soit aux normes imposées, on peut voir que l’endroit n’est pas adéquat. D’abord c’est très petit et ensuite, ils ont deux malheureux arbres entourés d’une clôture électrique. Ce qui veut dire que si ils urinent dessus, ils se font électrocuter !"

Ce qui a le plus choqué les membres de l’association, c’est l’état des deux tigres mâles. "Les animaux sont blessés. Il y a des blessures nouvelles, mais également des anciennes. L’un d’eux boîte. Ils sont enfermés dès la fermeture du parc et jusqu’au lendemain dans une toute petite pièce sans fenêtre dans laquelle ils font leurs besoins. Ils sont des animaux particulièrement sensibles aux odeurs et à la propreté. La captivité les rend agressifs entre-eux. Nous comprenons qu’il n’est pas possible de les soigner facilement. J’ai parlé avec le directeur du zoo qui m’explique que c’est superficiel et que ce n’est pas grave. Pour moi, une intervention est nécessaire parce qu’il y a une plaie profonde. Dans certains cas on ne les soigne pas du tout et il est trop tard. Le ministre Carlo Di Antonio a déjà été averti de la problématique."

Monsieur Bertho, vétérinaire du zoo de Bouillon a tenu à répondre aux accusations. “Il faut tout remettre dans son contexte”, explique-t-il. “Je suis plutôt contre les animaux dans les parcs zoologiques, mais dans l’état actuel du monde, il n’y a déjà pas de place pour les humains, alors encore moins pour les animaux. Dans le cas des deux tigres mâles, une castration devra peut-être être envisagée.”

Selon ce vétérinaire, la vie dans la nature comporte également des risques. “Dans les zoos, ils sont nourris et soignés. Un retour à la nature serait compliqué.” Le vétérinaire ne rejette pas toutes les critiques. “Il est vrai que certains enclos anciens doivent être améliorés. C’est dans le master plan du parc qui sera mis en oeuvre dans un futur certain.

L’homme a voulu mettre en avant la construction d’un enclos pour deux girafes. “On vient de construire un enclos pour les girafes. Tout a été mis en oeuvre pour que ce soit harmonieux. L’enclos a été en partie mis sous terre pour ne pas défigurer le paysage et utilise des matériaux de la région. Il sera également chauffé avec une chaudière à bois.”

Ce vétérinaire est étonné des réactions. “Il faut que les gens ouvrent les yeux par rapport aux réalités”, poursuit le vétérinaire. “Dix Syriens dans trois mètres carrés, cela ne dérange personne, mais deux tigres dans une cage et c’est l’emballement. Les gens s’inquiètent plus du chien du voisin qui reste accroché toute la journée que la maltraitance d’une femme maltraitée.”