Tanks in Mons: "On coupe la poire en deux quand on ne sait pas décider"

Le choix du collège communal ne donne pas entière satisfaction aux organisateurs.

Tanks in Mons: "On coupe la poire en deux quand on ne sait pas décider"
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Le choix du collège communal ne donne pas entière satisfaction aux organisateurs.

Deux organisateurs, mais un événement. C'est la situation insolite dans laquelle s'est retrouvé plongé Tanks in Town ou Tanks in Mons, c'est selon. Mons Devoir de Mémoire d'un côté, et le Royal Mons Auto Moto Club (RMAMC) de l'autre, se disputent l'organisation de la manifestation. Tel le Roi Salomon proposant de couper en deux l'enfant que deux mères se disputaient, le collège communale de Mons a tranché: Tanks in Mons sera organisé par Mons Devoir de Mémoire en 2019 et Tanks in Town le sera par le RMAMC en 2020.

Mais dans la Bible, Salomon put reconnaître la véritable mère de l'enfant lorsqu'une des deux femmes préféra renoncer au bambin plutôt que de le voir mourir. Les autorités montoises ne peuvent pas compter sur un tel coup de théâtre et la poire est bel et bien coupée en deux. Ce qui ne donne pas vraiment satisfaction aux organisateurs, de part et d'autre.

"On coupe la poire en deux quand on ne sait pas décider", estime Charles-Olivier Descamps du RMAMC. "Notre association organisait Tanks in Town depuis une vingtaine d'années. En laissant Mons Devoir de Mémoire organisait l'événement cette année, le collège communal a préféré la visibilité à la sécurité."

Le collège a pourtant bien essayé de réconcilier les deux organisateurs, d'autant plus qu'à la tête de Mons Devoir de Mémoire, on trouve Pierre Deghaye, un ancien du RMAMC qui a lancé Tanks in Town. Mais les positions semblent inconciliables. "Lan dernier, l'événement avait failli être annulé parce que le RMAMC craignait de ramasser une grosse amende à la suite d'un décret européen anti-terroriste qui indirectement, concernait le défilé de véhicules militaires", commente Pierre Deghaye. "Aujourd'hui encore, ils n'osent pas aller assez loin. J'ai pourtant eu l'assurance du ministre de la Justice que la manifestation ne tombait pas sous le coup de la loi."

La hache de guerre ne semble par ailleurs pas prête d'être enterrée du côté du RMAMC. "Pierre Deghaye a été renvoyé du RMAMC en novembre dernier à cause de faits graves qui lui étaient reprochés", indique Charles-Olivier Descamps. "Il a en outre créé toute une polémique autour de ce décret européen qui a compliqué l'organisation de Tanks in Town. Pour rappel, ce décret était passé en 2016 et n'avait pas posé de problème. C'est en 2018 que l'affaire a éclaté, pénalisant l'organisation de l'événement."

Pas de calumet de la paix en vue. Ce sera donc chacun à son tour, un an sur deux. Ou pas. "Ce n'est pas évident de procéder de la sorte. L'événement repose sur 150 bénévoles qui nous suivent chaque année et qu'il faudrait pouvoir remobiliser après un an d'interruption", analyse Charles-Olivier Descamps. "Tanks in Town ne doit pas nécessairement être lié à Mons. Nous pourrions l'organiser ailleurs. Mais notre conseil d'administration va d'abord devoir analyser la décision du collège communal." Idem du côté de Mons Devoir de Mémoire. Pierre Deghaye se demande s'il ne ferait pas défiler ses chars ailleurs que dans la Cité du Doudou l'année où ce n'est pas son tour.

Quant au nom de l'événement, la discorde pointe à nouveau. Le RMAMC affirme que l'appellation "Tanks in Town" lui appartient. Pierre Deghaye nous dit de son côté qu'il avait déposé l'appellation à son nom quand il officiait au sein du RMAMC. Loin des tranchées et des colonnes de blindés, cette bataille là pourrait se jouer devant la barre d'un tribunal…

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