Appartements de la discorde à Mons: les riverains guettent la décision du Conseil d'État

Un recours a été introduit contre le permis délivré par la Région wallonne. Pendant ce temps, les travaux avancent.

Appartements de la discorde à Mons: les riverains guettent la décision du Conseil d'État
©AVPRESS

Un recours a été introduit contre le permis délivré par la Région wallonne. Pendant ce temps, les travaux avancent.

Les travaux avancent à la rue Notre-Dame Débonnaire à Mons. Le promoteur Thomas & Piron est en train d'y construire 23 appartements de standing. Mais le projet n'enchante pas tout le monde. Des riverains s'étaient en effet opposés à la construction de ces logements, en lieu et place de l'ancienne maison du gouverneur Emilien Vaes, abandonnée depuis une dizaine d'années.

Cette opposition n'avait pourtant pas permis d'empêcher la délivrance d'un permis au promoteur immobilier. Sous la précédente mandature, le collège communal montois avait remis un avis favorable au projet, moyennant quelques adaptations intégrées par le promoteur. L'administration wallonne avait de son côté émis un avis négatif. Le ministre Carlo Di Antonio avait en bout de course donné son feu vert. Des riverains avaient alors introduit un recours au Conseil d'État, en suspension et en annulation. Le recours en suspension n'a pas été accepté et les travaux ont donc commencé l'an dernier. Mais les riverains ne perdent pas l'espoir d'annuler le permis.

"Un projet immobilier a été refusé à la rue des Gages. La décision a été motivée par le gabarit trop important du projet, ainsi que la perte d'ensoleillement et la perte d'intimité pour les maisons voisines ", confie Cédric Leturcq, un voisin du chantier. "C'est justement le combat que nous menons à la rue Notre-Dame Débonnaire. Nous avons dû réaliser nous-mêmes une étude, la rue va perdre 50% d'ensoleillement en hiver. Personnellement, je vais avoir des vues sur mon jardin et l'arrière de ma maison. Nous ne perdons donc pas espoir avec notre recours au Conseil d'État, car notre dossier est solide. La Région wallonne a remis ses conclusions au mois de mai, notre réponse est arrivée début juin. À présent, nous attendons l'avis de l'auditeur. La procédure prend du temps. Le bâtiment sera peut-être construit entre-temps, mais nous espérons pouvoir faire apporter des modifications si nous obtenons gain de cause."

En attendant, les travaux se poursuivent à la rue Notre-Dame Débonnaire. Pas sans mal pour les riverains. "J'ai déjà déposé deux plaintes au Service Environnement", ajoute Cédric Leturcq, estimant subir des nuisances anormales à cause des travaux. Avant de conclure: "Nous sommes légitimes dans notre demande. Nous espérons que la justice sera rendue un jour."

De son côté, l'entreprise Thomas & Piron est-elle sereine sur la suite des événements? "Je ne vais pas dire que nous sommes sereins, car nous ne voulons pas préjuger de la décision qui sera rendue. Mais nous sommes en tout cas confiants quant au travail de nos avocats", indique Christophe Corduant, gestionnaire développement pour Thomas & Piron.

Quant aux deux plaintes, une première avait été introduite dès le début du chantier. Les ouvriers auraient commencé à travailler trop tôt, mais le promoteur assure que ses équipes respectent les horaires légaux, même si cela peut sembler tôt pour les voisins. Une autre plainte avait été introduite pour des problèmes de vibrations, lorsque le chantier a abordé la phase la plus délicate avec la démolition de l'ancienne bâtisse suivie d'une opération de consolidation et des terrassements pour la fondation. Mais là encore, l'entreprise assure qu'il n'y a pas péril en la demeure même si les vibrations ressenties pouvaient sembler importantes. Un spécialiste relevant en continu des mesures effectue d'ailleurs une surveillance.

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