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Mons: Des pavés en mémoire de victimes de la Shoah

Ils ont été installés ce jeudi, grâce au travail d'élèves de l'athénée royal de Mons.

G.La
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On les appelle les Stolpersteine, ce qui signifie en allemand "pierres d'achoppement". Elles ont été imaginées par l'artiste berlinois Gunter Demnig. Ces pavés en béton recouverts d'une plaque en laiton honorent la mémoire des victimes du nazisme, déportées dans des camps de concentration ou d'extermination durant la Seconde Guerre mondiale. Depuis quelques années, ces pavés fleurissent dans de grandes villes d'Europe. Mons vient s'ajouter à la liste.

Ce jeudi en effet, six pavés ont été installés à la rue de la Coupe et à la rue des Fripiers. Leur emplacement n'a pas été choisi au hasard. Ils sont situés devant des maisons où vivaient des juifs déportés vers les camps de la mort durant la guerre. Et ce sont des élèves de l'athénée royal de Mons qui ont permis d'identifier les victimes dont la mémoire est maintenant ancrée dans les pavés montois.

Depuis 2020, année marquée par le 75e anniversaire de la libération des camps nazis, des élèves de l'athénée travaillent en partenariat avec d'autres écoles et la Maison d'Izieu sur la mémoire des victimes du nazisme. Le projet a été lancé par la préfète de l'athénée, Françoise Colinia, qui était revenue bouleversée d'un voyage à Jérusalem. Prochainement, des élèves visiteront la Maison d'Izieu, lieu de mémoire et d'éducation situé dans le sud de la France qui sensibilise aux crimes contre l'humanité pour agir contre toute forme de discrimination. Les élèves devraient également recevoir la visite d'un avocat qui a participé au procès de Klaus Barbie.

Ces élèves sont notamment encadrés dans leurs démarches par Hélène Debaille, professeure de français à l'athénée royal. "Aujourd'hui, nous avons l'impression que toute cette histoire sur les victimes de la guerre est connue, mais on se rend compte auprès des jeunes que ce n'est pas du tout le cas", explique l'enseignante. Ce travail de mémoire reste donc plus nécessaire que jamais. Derrière l'horreur nazie en effet, il y a un processus de déshumanisation poussé à l'extrême. L'actualité tend malheureusement à nous rappeler que certaines leçons peinent à être tirées du passé.

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