Michael Radford, président du jury au FIFM: "J'ai découvert le cinéma parce que tu pouvais fumer des cigarettes en douce"

Avec Michael Radford, le Festival International du Film de Mons a trouvé un président de jury international qui représente à merveille le credo de l'événement: l'amour du cinéma sous toutes ses formes.

Ugo Petropoulos
Michael Radford, président du jury au FIFM: "J'ai découvert le cinéma parce que tu pouvais fumer des cigarettes en douce"
©PHOTONEWS

Eclectique, le cinéaste britannique né en Inde en 1946 l'est assurément. Un œil à sa filmographie suffit pour s'en rendre compte: on lui doit tant l'adaptation du monument de la littérature dystopique 1984 que la romance italienne Il Postino avec Philippe Noiret, carton en 1994. Ces deux films très différents lui valurent une reconnaissance critique internationale.

Michael Radford est devenu amoureux du 7e art de manière assez fortuite. "Adolescent, je ne voyais pas de films. A l'école, le cinéma n'était pas considéré comme quelque chose d'important et il n'y avait que des films britanniques des années 50 pas vraiment mémorables. Je ne connaissais rien du cinéma et Hollywood était défendu. Mais quand j'ai eu plus ou moins 14 ans, la Bedford Cinematographical Society, dans la ville où j'étais à l'école, nous a proposé d'aller voir ses films. Le bruit courait qu'il fallait le faire parce que c'était dans le noir et que tu pouvais fumer une cigarette en douce. J'ai acheté un paquet de cigarettes et j'y suis allé. Et le premier film que j'ai vu était 'Tirez sur le pianiste' de François Truffaut."

Michael Radford attrape le virus et se rend une fois par semaine dans ce cinéma où il voit des films polonais, russes, japonais…Se retrouver aujourd'hui président d'un jury qui visionne des films venant d'horizons aussi divers que la Serbie ou Djibouti ne le déroute absolument pas. "J'ai déjà été président de jury dans un festival au Rwanda. C'était formidable de voir des films que l'on ne verra absolument pas chez nous. C'était également merveilleux de voir l'expression de l'âme africaine d'une certaine manière. J'ai également vu une comédie qui aurait pu être un film de Charlie Chaplin. Il ne savait pas qui c'était, mais c'était le même humour."

Au sein d'un jury où se confrontent des visions artistiques différentes, Michael Radford apprécie son rôle de conciliateur. "Il faut écouter tout le monde, s'organiser pour que les jurés travaillent ensemble, éviter les brouilles, encourager à défendre ses idées." Jusqu'à présent, le réalisateur est plutôt heureux des films qui lui ont été proposés. "J'aime bien ce genre d'expérience, ça m'aide de ne pas faire que des films, ça évite de ne penser toujours que dans un certain sens, c'est formidable de voir ce que font les autres, de chercher des petits bijoux de la culture."

Actuellement, Michael Radford a plusieurs chantiers en cours, dont une adaptation du Roi Lear de Shakespeare avec Al Pacino dans le premier rôle, près de vingt ans après la sortie du Marchand de Venise où le réalisateur et l'acteur avaient déjà collaboré.

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