Philippe Dubois (UMons): "Je suis contre les concurrences stériles"

Le recteur de l'UMons balise les priorités de son prochain mandat.

Ugo Petropoulos
Philippe Dubois (UMons): "Je suis contre les concurrences stériles"
©AVPRESS

Avec 82,49 % des suffrages exprimés en sa faveur, Philippe Dubois peut se targuer d'être un recteur bien réélu. Ce score plébiscite comparable à celui de sa première élection en 2018 lui permet de poursuivre sereinement à la tête de l'UMons, une université en pleine expansion. Mais son premier mandat ne fut pas de tout repos, la crise sanitaire bouleversant l'enseignement durant presque deux ans.

Si la crise a été indéniablement perturbatrice, rétrospectivement, elle a provoqué un bond en matière de digitalisation. "Cette crise sanitaire a anticipé pas mal des actions que nous menions sur le long terme, entre autres la digitalisation de l'enseignement à distance. Finalement on a eu les travaux pratiques avant les cours ex cathedra. Un an après ma prise de fonction, nous avions programmé une mise au vert de l'équipe rectorale sur la question de l'enseignement à l'UMons en 2030 et le rôle de l'enseignement à distance."

2030 s'est finalement avéré être 2020 et il a fallu s'adapter et décider dans l'urgence. Gros avantage pour Philippe Dubois, il enseigne toujours. "C'est un besoin vital pour moi, et heureusement car pendant cette période particulière, j'ai pu vivre les difficultés vécues d'une part par les étudiants, d'autre part par les enseignants et, ne l'oublions pas, tout le personnel de support : informatique, la gestion des secrétariats facultaires...Le fait d'être toujours impliqué dans l'enseignement m'a permis de le vivre en direct."

Rayonnement international, ancrage territorial

Ne pas s'enfermer dans sa tour d'ivoire, c'est un commandement auquel le recteur n'entend pas déroger et que l'on retrouve dans la ligne directrice du recteur: "ma candidature pour mon premier mandat était : par l'excellence de son enseignement et de sa recherche, ambitionner pour l'UMons un rayonnement international et un ancrage territorial." Ce mantra reste d'actualité pour le second mandat. "Clairement, on reste dans la continuité des actions entreprises dans ce premier mandat de quatre ans, avec des perspectives d'ouverture différentes. Nous nous félicitons d'être devenue université européenne dans le cadre de l'alliance universitaire EUNICE, une reconnaissance importante d'un travail de longue haleine, et que ce n'est qu'une première étape. Je pense que nous sommes bons dans les domaines dans lesquelles nous sommes, et on travaille d'arrache-pied pour continuer à progresser."

Concernant l'ancrage territorial, le décret Paysage a inscrit l'UMons comme l'université de référence dans le Hainaut au sein du Pôle académique hainuyer et a un rôle social important à jouer à l'échelle de la province, "en partenariat avec les autres universités présentes dans la province comme l'ULB et l'UCLouvain. Je suis contre les concurrences stériles, mais favorable à l'association et aux complémentarités de nos universités au premier bénéfice de nos étudiants. C'est extrêmement important."

Philippe Dubois prend à cœur son mandat de coprésident permanent du Pôle Hainuyer, qui regroupe 37000 étudiants. "Il faut participer au développement socio-économique et culturel et même sportif de notre province. Et la crise dans laquelle nous sommes encore le démontre: quand je vois ce que l'UMons a apporté durant la crise sanitaire, c'est tout à fait remarquable."

Un de ses plus grands défis pour son prochain mandat sera de conserver la double proximité géographique et d'encadrement qui caractérise l'UMons. Et qui impliquera de nombreux investissements tant au niveau humain que matériel pour les quatre années à venir.

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