Grève à Ambroise Paré: les syndicats demandent un report de la fusion avec Jolimont

Ils demandent plus de temps et des garanties pour les travailleurs du secteur public.

Ugo Petropoulos
Grève à Ambroise Paré: les syndicats demandent un report de la fusion avec Jolimont
©U.P.

Du rouge, du vert et du bleu ce matin sur l’esplanade de l’hôpital Ambroise Paré: ils étaient quelques centaines à avoir répondu à l’appel du front commun syndical CSC-CGSP-SLFP pour dire non à la privatisation de l’hôpital public. Pour rappel, au 1er janvier 2023, le CHU du Pays Mons-Borinage doit fusionner avec le Pôle hospitalier Jolimont dans l’ensemble Helora.

Côté syndical, on est satisfait de cette première mobilisation, malgré "quelques bâtons dans les roues", selon Laurent Dufrasne, délégué CGSP. "Depuis qu'on a déposé le préavis de grève, la direction communique tous les jours pour dire que tout va bien. La pénurie de personnel n'aide pas non plus à la mobilisation."

Si la direction s'est voulu rassurante dans une communication adressée à l'ensemble du personnel, les représentants syndicaux ne le sont toujours pas quant aux conditions de transfert des travailleurs de l'intercommunale de santé vers l'asbl Helora. "Dans le réseau Helora, cinq réunions de deux heures sont prévues jusqu'à la fin de l'année pour fixer la négociation et organiser le transfert du personnel. Pour transférer les services du CPAS de Mons vers Ambroise Paré, où c'était de public à public, ça nous a pris presque un an de discussions. S'imaginer qu'en 10 heures de discussions tout sera réglé, c'est impensable."

Grève à Ambroise Paré: les syndicats demandent un report de la fusion avec Jolimont
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Le front commun déplore une marche forcée vers la fusion et demande de temporiser. "La loi réseau est ce qu'elle est aujourd'hui : quand il y a un hôpital privé dans l'ensemble, l'asbl faîtière doit être de droit privé. Nous demandons de reporter la fusion pour voir ce que l'on peut encore bouger dans la loi réseau. Nous réclamons aussi une solution pour les contractuels de l'hôpital public, qui, si on ne fait rien, basculeront sous statut privé. C'est plus de 1100 travailleurs qui sont concernés. Dans les années à venir, on s'attend à ce qu'on tape dans les droits acquis des travailleurs."

A l'issue de la manifestation, une délégation syndicale rencontrait la présidente du CPAS de Mons Marie Meunier et Catherine Houdart, première échevine. Par la suite, les syndicats entendent rencontrer des représentants politiques des différents partis politiques. "Il ne faut pas laisser l'hôpital public se déliter. La santé, ce n'est pas que du profit, il y a des êtres humains", rappelle François Roosens, du SLFP. "On a vu pendant la crise du Covid qu'on a besoin d'un service public fort et que l'État garde la main sur certaines choses. On a l'impression que même pas six mois après le dernier pic, on est déjà en train d'abandonner les soignants à un service privé qui va les dévaloriser."

Mieux communiquer

La rencontre entre la délégation syndicale et les représentantes politiques de la Ville de Mons a duré près d'une heure et a été constructive

. "On a beaucoup écouté leurs revendications et écouté les inquiétudes par rapport à l'hôpital", explique Catherine Houdart. "A nous de soulager l'inquiétude et d'encourager un cadre de négociations."

"Nous nous sommes rendu compte qu'il y avait un manque d"informations", note Marie Meunier, qui siège dans le conseil d'administration de l'intercommunale de santé. "Les syndicats ont des inquiétudes légitimes, mais de l'autre côté il y a des solutions: des réponses sont prêtes à être apportées pour répondre à ces inquiétudes."

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