Gobelets réutilisables au Doudou : "compliqué, mais possible"

Le bilan est positif pour les soirées test du mercredi et jeudi.

U.P.
Gobelets réutilisables au Doudou : "compliqué, mais possible"
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On en a parlé pendant des années, désormais, place aux actes : mercredi et jeudi, les gobelets réutilisables ont fait leur entrée dans la ducasse des Montois. Durant la journée de chauffe et celle d’ouverture des festivités, toutes les boissons se devaient d’être servies dans des gobelets en plastique lavable dans le périmètre des festivités. Une mise en conditions réelles avant l’interdiction des gobelets en plastique jetables, qui interviendra en 2023. Quel bilan tirer de cette première expérience à une telle échelle à Mons?

"En deux mots, compliqué, mais possible", souffle Michael Hacourc, gérant de plusieurs établissements autour de la Grand-Place. "Si tout le monde s'habitue, que ce soit le consommateur, le distributeur et le commerçant, je pense qu'on peut arriver à gérer une ducasse." Les difficultés sont d'ordre logistique : "il y a la manutention pour les lave-vaisselles et la gestion du débit. Il faut suivre le rythme." Et celui-ci était particulièrement soutenu jeudi soir, la ville étant noire de monde, comme pour un vendredi soir.

Pour lui, il n'y a pas eu de problème de stocks de gobelets. "Par contre, j'ai vu des gobelets jetables." On confirme : on en a vu notamment près du Marché-aux-Herbes. Néanmoins, la ville était nettement plus propre ce vendredi matin, avant que les équipes de nettoyage ne rentrent en action. "Je suis parti de la Grand-Place vers 4h et je ne l'ai jamais vue aussi propre."

Pour un Doudou uniquement avec des gobelets réutilisables, Michael est désormais optimiste. "Il y a deux ans, je n'y croyais pas, mais dans le feu de l'action, on se rend compte que c'est possible", moyennant quelques adaptations : "l'an prochain, j'investirai dans des bacs à lave-vaisselle et on renforcera l'équipe de manutention."

Consigner ou pas?

Charlotte De Jaer, échevine en charge de la propreté publique, dresse également un bilan positif : "les cafés ont globalement joué le jeu." La police, qui avait pour consigne de contrôler l'obligation, n'a dû rappeler à l'ordre qu'un établissement. Si les gobelets jetés étaient moins nombreux, les autres types de déchet aussi. "On a moins tendance à jeter son paquet de frites quand il n'y a pas un tapis de gobelets au sol."

Cette année, le système de caution était laissé à l'appréciation des cafetiers : certains en demandaient, d'autre pas. Ce qui ne rend pas les choses claires pour le consommateur. Sans caution, les gobelets ont tendance à se perdre : "lors de la cavalcade de Jemappes, on a enregistré une perte de 25 % du stock de gobelets, alors que la perte moyenne est de 10 % quand il y a une caution."

25 %, c'est la perte que Michael a enregistrée dans ses établissements qui ferment plus tôt. "Mais dans ceux aux fermetures plus tardives, c'est l'inverse : j'avais plus de gobelets que le stock initial!"

Pour Charlotte De Jaer, deux questions devront être tranchées d'ici le prochain Doudou : "faut-il ou non imposer une caution, et faut-il un système de gestion centralisé des gobelets ou pas ?" Elles le seront à l'issue d'échanges avec les acteurs concernés. En attendant, la fête se poursuit, avec des gobelets jetables, à jeter dans 17 poubelles géantes disséminées en ville.

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