La variole du singe encore peu présente à Mons-Borinage

La Wallonie est la région la plus épargnée par cette nouvelle maladie.

U.P.
La variole du singe encore peu présente à Mons-Borinage
©BELGA

Depuis mai 2022, on parle beaucoup de la variole du singe . Cette maladie qui survenait jusqu’alors en Afrique Centrale et Occidentale a été rapportée chez des patients en Angleterre, puis dans le monde entier. En Belgique, 546 cas ont été signalés au 8 août, selon Sciensano. La majorité des cas proviennent de Flandre, 55 cas seulement ayant été signalés. Aucun décès n’est survenu.

A Mons, les premiers patients atteints de cette pathologie ont été détectés le mois dernier à l'hôpital Ambroise Paré. "Nous avons dépisté depuis le début du mois de juillet six cas de variole du singe et nous sommes en attente de confirmation de test pour deux cas", explique le Dr Camelia Rossi, cheffe du service des maladies infectieuses. Les symptômes de ces malades varient: "certains avaient des symptômes très légers, avec quelques petites lésions vésiculaires éparpillées, tandis que d'autres avaient présenté un syndrome grippal, de la fièvre et puis des lésions de type pustules dans la sphère génito-anale, avec des douleurs, démangeaisons..."

A Ambroise Paré, tous les malades actuellement diagnostiqués sont des hommes. Les infections surviennent principalement chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, indique Sciensano, mais pas uniquement. "24 des 540 cas identifiés en Belgique ont participé à une fête, mais sans relations sexuelles." Quant aux femmes, "elles peuvent l'attraper, comme décrit dans une étude prospective réalisée en Espagne, publiée dans le Lancet , et qui a suivi 181 personnes infectées, parmi lesquelles 6 femmes", rappelle le Dr Rossi. Ce mercredi, Sciensano indiquait justement qu'une première femme avait été contaminée en Belgique.

Vigilance, sans tomber dans la parano

Du côté de l'hôpital, on s'est adapté à l'apparition de cette nouvelle maladie, tout en prenant garde de ne pas la voir partout: "il faut être vigilant, mais ne pas diagnostiquer la variole du singe à toute personne qui présentent des boutons ou une éruption. On prend le temps d'interroger les patients, on leur demande s'ils ont voyagé, s'ils ont été en festival, leur comportement sexuel..." Quant aux précautions à prendre pour le personnel, elles impliquent le port du masque, toujours obligatoire à l'hôpital pour le covid-19, et des gants.

Les patients atteints de la pathologie sont invités à s'isoler quelque temps. La transmission se faisant par friction peau à peau essentiellement. "Elles doivent s'assurer une bonne hygiène des mains et attendre que les lésions cutanées atteignent le stade de croûte pour reprendre une vie normale." Cela peut prendre de 7 à 14 jours "en fonction de la gravité de l'infection." L'AVIQ recommande 21 jours de mise à l'écart.

Les malades reçoivent des antalgiques pour désinfecter les lésions et éviter une surinfection bactérienne. Ce n’est que si la situation clinique d’un patient, s’avérait très grave, ou si l’infection atteignait un patient très immunocompromis, qu’ un traitement antiviral pourrait être prescrit, ce qui n’a pas encore été le cas à Ambroise Paré. La cheffe de service rappelle que la meilleure prévention, c’est la vaccination, mais la quantité de doses de vaccins disponibles est insuffisante en Belgique.

"C'est un peu difficile à entendre pour des patients qui sont demandeurs et qui veulent se protéger, mais qui n'y ont pas accès car les critères sont stricts. C'est dommage car nous suivons des patients qui se prémunissent du VIH, et qui seraient facilement joignables." Certains n'hésitent d'ailleurs pas à franchir la frontière pour se faire vacciner à Lille ou Valenciennes. Une pharmacie lilloise proposera d'ailleurs la vaccination à 200 ressortissants belges la semaine prochaine, après inscription préalable.

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