Mons: 2 millions € de déficit au CHU Ambroise Paré

Une politique de réduction des coûts est mise en place pour remettre l’hôpital dans le vert.

Ugo Petropoulos
Mons: 2 millions € de déficit au CHU Ambroise Paré
©BELGA

Depuis quelques semaines, une politique de non-renouvellement des contrats à durée déterminée fait grincer des dents à Ambroise Paré. La raison ? Un déficit de deux millions d'euros pour l'activité du CHU montois en 2021. Une première en une vingtaine d'années.
De quoi susciter l'inquiétude dans les rangs syndicaux. "Nous n'avons pas encore eu de contacts avec la direction, nous attendons la rentrée pour en discuter. Mais cette politique de non-renouvellement des CDD va poser problème dans certains services et ne fera qu'y aggraver la situation", s'alarme Laurent Dufrasne, secrétaire interrégional CGSP.

Du côté de la direction, on confirme que la situation est délicate, tout en précisant que, dans sa globalité, l'intercommunale du CHU Pays de Mons-Borinage présente un bilan 2021 à l'équilibre. Les bénéfices des maisons de repos, des crèches et surtout l'hôpital psychiatrique du Chêne aux haies ont permis de compenser le déficit de l'activité hospitalière aiguë. Néanmoins, il fallait réagir. "Si on ne bougeait pas, on risquait d'atteindre un déficit de 9 millions d'euros en 2022", avertit Chantal Bouchez, directrice générale de l'hôpital. La crise sanitaire a laissé des traces : "on a embauché 120 personnes en plus en 2020 et 2021 pour aider le personnel, s'occuper de manière correcte des patients. En 2020, le fédéral a pu compenser ce surcoût, ce qui nous a permis d'atteindre l'équilibre. Par contre en 2021, nous n'avons perçu qu'un peu moins de la moitié de ces subsides. D'autres hôpitaux ont diminué plus vite que nous ces contrats temporaires, mais nous avons choisi de ne pas le faire tant que les conséquences de la crise se faisaient sentir, et de diminuer plus progressivement."

Craintes pour les CDI?

Autres causes : la revalorisation des salaires dans le secteur de la santé, qui représente un coût récurrent de 5 millions €, l'indexation record, l'augmentation des frais énergétiques, des fournitures, etc. Bref, il fallait réagir. "Prolonger des CDD en 2021 était un choix assumé, mais en 2022, on ne peut plus se le permettre, nous n'avons plus de subsides et nous sommes revenus à la situation initiale de 2019, avec la même charge de travail."

Une peur que le dégraissage aille plus loin se fait entendre : "ma crainte, c'est que l'on profite de l'occasion pour mettre le déficit en exergue afin d'écrémer dans le personnel", lâche Laurent Dufrasne, qui tourne son regard vers Helora, la fusion programmée Ambroise Paré-Jolimont. Certains services fusionneraient assez rapidement. S'il ne reste plus qu'une maternité à Mons, il y aura du personnel en trop. Est-ce un prétexte pour déjà entamer une rationalisation ?"

Chantal Bouchez réfute l'hypothèse et l'assure: les problèmes financiers d'Ambroise Paré et la fusion Helora sont deux dossiers bien distincts. "La seule chose que je veux, c'est un hôpital sain quand il part dans la fusion. S'il y a des regroupements de service, l'activité médicale restera et il faudra le personnel pour la supporter. On recrute d'ailleurs toujours des infirmières à tour de bras. Et je pense que la fusion nous permettra justement d'avoir plus facilement des équipes complètes et de développer des projets nous permettant de recruter du personnel." Environ 1 400 salariés travaillaient au CHU en début d'année, dont 200 CDD qui, pour les fonctions nécessaires en lien direct avec la prise en charge des patients, seront renouvelés.

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