Décès du jeune Antonio à Hornu: des experts entendus pour établir ou non l'homicide involontaire

L'adolescent avait fait un passage par les urgences avant d'être renvoyé chez lui, où il est décédé quelques heures plus tard.

E. Brl.
Décès du jeune Antonio à Hornu: des experts entendus pour établir ou non l'homicide involontaire
©AVPRESS (archive)

Le 28 novembre 2015 est une date que les parents d’Antonio Di Michele n’oublieront jamais. Ce jour-là, l’adolescent, alors âgé de 14 ans, était renvoyé chez lui après un passage aux urgences. Quelques heures après son retour, il décédait devant ses parents, totalement impuissants. Rapidement après le drame, ceux-ci avaient décidé d’ester en justice, considérant qu’une erreur médicale avait été commise. Ce lundi, la sixième chambre correctionnelle du tribunal du Hainaut, division de Mons, a auditionné un collège d’expert en médecine.

Deux médecins de l’hôpital EpiCURA d’Hornu sont poursuivis pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger. Il ressort du témoignage des experts que des erreurs ont été commises le 28 novembre 2015. Ce jour-là, Antonio Di Michele s’était rendu aux urgences alors qu’il se sentait mal et avait des frissons. Le médecin urgentiste, sous conseil d'un pédiatre, lui avait administré une aspirine et un anxiolytique, estimant qu'il s'agissait d'un début de grippe. Or, le jeune homme souffrait d'un syndrome Opsi depuis qu'on lui avait enlevé la rate à l'âge de cinq ans.

Le malade avait été pris en charge par un médecin urgentiste, spécialisé en chirurgie vasculaire, qui ne s'est pas rendu compte du risque infectieux. Le collège des experts estime que ce risque aurait dû interpeller l'urgentiste, lequel avait la possibilité de s'informer par la littérature médicale, accessible sur internet notamment. En outre, l'urgentiste n'a pas pris en compte le dossier médical mentionnant les antécédents du patient. Selon les experts, il y avait accès et il devait dresser un tableau général du patient.

Il n'a pas non plus pris en compte les informations communiquées par les parents au sujet des antécédents. Ces derniers réclamaient un antibiotique, comme celui qu'un autre médecin avait administré au jeune Hornutois en 2010. L'urgentiste n'a sollicité que l'avis d'un pédiatre, par le biais de communications téléphoniques. Les deux médecins sont poursuivis dans cette affaire, au même titre que l'hôpital, personne morale. Enfin, les experts ont mis en évidence quelques lacunes dans le dossier médical joint au dossier.

Les parties ont demandé la rédaction de conclusions. Le procès est fixé le 5 décembre prochain à Mons. Les prochains mois s'annoncent donc particulièrement longs et pénibles pour la famille et les proches de la victime, mais apparaitront également comme un soulagement pour Ophélie et Youri Di Michele, qui attendent depuis plusieurs années que toute la lumière soit faite sur ce drame. "Nous avons l'impression de nous battre pour quelque chose, cela nous donne un peu de courage. La procédure prendra du temps mais nous sommes prêts à aller jusqu'au bout. Nous avons déjà tout perdu, notre fils n'est plus là, alors…", expliquaient-ils dans nos colonnes en 2016.

En mars dernier, décision était prise de renvoyer devant le tribunal correctionnel les deux médecins et l'hôpital EpiCURA. Les parents avaient à cette occasion fait face à ceux-ci. "L'urgentiste nous a présenté ses condoléances, mais de manière si froide…", déclarait alors la maman. "Le pédiatre, lui, est très peiné par la situation. Nous nous sommes déjà parlé depuis lors, et il m'a avoué qu'il pensait à Antonio tous les jours. Mais c'est trop tard pour nous, le mal a été fait."

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