Trop peu fréquentée, la ligne ferroviaire Mons-Aulnoy-Aymeries devrait disparaitre

Le ministre Henry estime que des alternatives plus attractives doivent être proposées.

E. Brl.
Trop peu fréquentée, la ligne ferroviaire Mons-Aulnoy-Aymeries devrait disparaitre
©BELGA

La ligne de train Mons-Aulnoy-Aymeries est-elle vouée à disparaitre du paysage ferroviaire ? Le projet serait visiblement dans les cartons de la SNCB. Ce qui donne lieu à quelques inquiétudes quant aux conséquences qu’aurait cette suppression sur la mobilité. Cette ligne de train offre en effet la possibilité aux usagers belges et français de traverser la frontière à moindre coût et en un minimum de temps.

"Les Belges ont même l'occasion de rejoindre Paris via ce moyen, fréquenté par les travailleurs et les étudiants", rappelle Jacqueline Galant, députée-bourgmestre. "Pour l'heure, un train circule le matin et un autre le soir sur cette ligne mais il semblerait que la SNCB projette de la supprimer à partir du 12 décembre par manque de rentabilité. Parmi les défenseurs de la ligne, certains regrettent le manque de publicité faite autour de ce moyen de transport et estiment que les chiffres de fréquentation ont fortement été influencés par les mesures de lutte contre le covid-19."

Dans le même temps, la ligne Erquelinnes-Maubeuge sera renforcée "alors que la région montoise est un pôle économique et touristique important de la Wallonie et qu'elle dénombre bon nombre d'écoles et universités fort fréquentées par des étudiants français." Soucieuse, la députée a interpellé le ministre Henry afin d'éclaircir l'avenir de la ligne Mons-Aulnoy-Aymeries. Ce dernier confirme que la ligne est trop peu attractive.

"Les trains IC dont on parle ont été mis en service en décembre 2018, sous l'impulsion du Ministre Bellot. Il s'agit de 8 trains par jour qui circulent à raison d'un train par sens le matin et un train par sens le soir, et ce sur chacune des deux lignes. Ils offrent une alternative à la suppression des Thalys qui empruntaient la dorsale wallonne jusqu'en 2015, mais que la société Thalys ne souhaitait plus exploiter faute de rentabilité. Malheureusement, cette alternative s'avère peu attractive", explique Philippe Henry (Ecolo).

"Bien que les tarifs soient attractifs, les temps de parcours sont plus longs que ceux des trajets que l’on peut effectuer via Bruxelles ou Lille et sont tous plus longs que ceux du Thalys wallon de l’époque. Il faut également préciser que ces trains empruntent des lignes dont l’infrastructure est en mauvais état, ce qui dégrade encore davantage leurs temps de parcours et nuit à la robustesse d’exploitation. La décision de la SNCB de supprimer les trains Mons-Aulnoye en décembre 2022 ne m’a pas été confirmée à ce jour mais nous savons que cette offre représente des coûts d’exploitation importants pour la SNCB. Or, l’évaluation qui s’est clôturée au cours du premier trimestre 2021 a révélé des chiffres de fréquentation très faibles."

Si la crise sanitaire peut expliquée une faible fréquentation de la ligne, le ministre reste convaincu que des alternatives plus attractives doivent être recherchées pour "recréer une véritable offre internationale vers Paris au départ des principaux pôles wallons." Pour ce faire, l'Autorité Organisatrice du Transport de Wallonie réalisait en 2021 une étude tactique sur l'offre cible de la liaison transfrontalière Mons-Maubeuge.

"Le diagnostic de mobilité a fait apparaître que seuls les flux domicile-travail depuis la Communauté d’Agglomération de Maubeuge Val de Sambre vers la Belgique justifient une liaison. Les flux domicile-école, domicile-santé et domicile-loisirs sont relativement peu nombreux et principalement orientés vers Mons. La commune de Mons a donc été identifiée comme pôle principal de destination transfrontalier pour des motifs professionnels et Maubeuge comme pôle d’origine principal, tandis qu’Aulnoye, située au sud- ouest de l’agglomération, n’a pas été identifiée comme pôle."

Conséquence, il a été proposé de définir une liaison express transfrontalière et unidirectionnelle, reliant directement le pôle de Maubeuge à Mons, avec un parcours par heure en heure de pointe en semaine, et un parcours toutes les deux heures par sens le samedi. Une étude opérationnelle est en ce moment menée. Parallèlement, l’OCBM (organisme de consultation des bassins de mobilité) a recommandé à la SNCB le maintien d’une offre ferroviaire entre Mons et Aulnoye-Aymeries qui permet la correspondance vers Paris.

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