Un projet immobilier divise la Ville de Mons et les habitants de Saint-Denis

Les riverains se sentent grugés alors que la Ville de Mons a fait de son possible pour contenter tout le monde.

Florian Ducobu
 Toutes les demandes de permis d’urbanisme au niveau régional bruxellois peuvent désormais être introduites numériquement sur MyPermit.
Les plans de l'investisseur ont été modifiés pour correspondre davantage aux attentes des citoyens. ©herreneck – stock.adobe.com

Un projet immobilier a le don d’agacer les habitants de Saint-Denis. Ils sont en effet opposés au projet de lotissement déposé par la SPRL Limoselle. Ils le jugent à la volumétrie disproportionnée (30 logements sur 60 ares) dans un environnement inadapté à ce type de construction. Alors que des discussions étaient en cours avec le bourgmestre, Nicolas Martin, pour tenter de faire changer le projet, ils ont été étonnés d’apprendre, lors du dernier conseil communal, que le permis d’urbanisme a finalement été accordé. La Ville de Mons indique quant à elle que tous les avis ont été pris en compte pour affiner le projet.

Les habitants ne s’attendaient pas à cette nouvelle et ont donc demandé des explications via une lettre écrite. “Les habitants de Saint-Denis se permettent de vous envoyer ce courrier suite à leur étonnement de découvrir, le 17 novembre, sur un poteau de notre village, un avis d’octroi pour un permis de bâtir, daté au 09 septembre 2022 alors que nous étions, dans notre compréhension des choses, dans une phase de concertation avec la ville de Mons”, écrivent-ils au collège communal avant de poursuivre.

Vous avez reçu de nombreux courriers de citoyens de Saint-Denis qui exprimaient leur désapprobation sur ce projet et vous avez certainement vu les articles de presse relayant nos actions. Vous avez aussi reçu une pétition signée par près de 500 habitants contre l’ampleur de ce projet. À notre grand étonnement, lors du conseil communal de Mons ce mardi 22 novembre, ce sont les habitants de Saint-Denis présents qui vous ont informé que le permis de bâtir avait été accordé par votre échevin de l’urbanisme au nom du collège. Vous étiez donc visiblement surpris “aussi” de la tournure des événements.

Les citoyens avaient eu la possibilité d’en savoir plus sur le projet à travers une réunion d’information. Ils pensaient que le promoteur tiendrait ensuite compte de leurs remarques pour modifier les plans. Ils ont finalement l’impression d’avoir été grugés. Ils réclament donc des informations de la part de la Ville de Mons et une éventuelle marge de manœuvre pour pouvoir se retourner.

La Ville de Mons ne peut, de son côté, pas refuser l’ensemble des projets sous peine de voir sa décision cassée en recours. Des choix ont donc dû être opérés. “Le projet se situe dans un terrain constructible, en zone d’habitat, et est donc, de toute façon, voué à faire l’objet de projets immobiliers”, répond la Ville de Mons “Si l’on s’oppose à un projet, il faut des arguments fondés sous peine que la décision de la ville soit cassée en recours. C’est donc logique pour l’autorité de permettre que des projets y voient le jour. La demande de logements est forte à Mons, il faut pouvoir y répondre d’une façon ou d’une autre.

La volonté de la Ville n’est cependant pas de gruger les habitants, bien au contraire. “Il n’a en aucun cas été question de “faire passer ce dossier en douce”. Au contraire, cette demande de permis a fait l’objet d’une très large publicité. Il a fait l’objet de deux enquêtes publiques et d’une réunion avec des représentants des riverains organisée par l’échevin de l’Urbanisme, qui a été attentif à concilier les différentes visions et à entendre les observations des riverains”, poursuit la Ville de Mons. “Toutes les observations reçues ont été considérées. Pour preuve, par deux fois, la ville a demandé aux investisseurs de modifier leur projet, d’abord en diminuant le nombre de logements prévus (le nombre de maisons unifamiliales a été réduit à 20 unités tandis que le nombre d’appartements a été réduit à 8. Avec, pour conséquence, la diminution du volume de l’immeuble à appartement, dont la hauteur avait également fait l’objet de différentes réclamations). Ensuite, en veillant à une meilleure intégration du projet dans le contexte bâti, en modifiant sensiblement son architecture pour arriver à une réinterprétation contemporaine du corps de ferme que l’on peut retrouver typiquement dans les environs.

Le projet a donc évolué pour prendre en compte l’avis des riverains et du promoteur. Des discussions sont encore en cours et devraient aboutir dans les prochaines semaines. “Au regard de l’évolution du dossier et de l’affinage très qualitatif de ce projet, du besoin en création de logements de qualité, du caractère constructible de la parcelle, le collège a effectivement répondu favorablement”, conclut la Ville de Mons.

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