Mons : CNE et SETca dénoncent des licenciements et des pressions sur les travailleurs de l’entreprise Label Vie

Un référendum était en cours pour juger de la possibilité de mettre en place une délégation syndicale.

Plusieurs travailleurs de Label Vie à Mons ont été licenciés, selon la CNE et le SETca.
Plusieurs travailleurs de Label Vie à Mons ont été licenciés, selon la CNE et le SETca. ©D.R.

Une “attitude inadmissible des administrateurs” de la Label Vie, voilà ce que dénoncent, ce mardi après-midi, la CNE et le SETca. Par voie de communiqué, les deux syndicats font état de pression exercée sur le personnel dans le cadre d’une demande d’installation de délégation syndicale. De son côté, la direction et l’administrateur, Grégoire Schöller, “démentent formellement” ces informations et évoquent des licenciements purement économiques.

“Début octobre, à la demande des travailleurs, les syndicats sollicitaient la mise en place d’une délégation syndicale au sein de la société”, expliquent ceux-ci. “L’employeur a souhaité faire valoir son droit à l’organisation d’un référendum afin que les travailleurs confirment par un vote leur souhait ou non d’être représentés par des syndicats. Alors que la procédure légale était lancée, “l’employeur a procédé aux licenciements avec effet immédiat de nombreux travailleurs, dont les quatre travailleurs qui étaient candidats délégués.”

Les syndicats poursuivent en précisant que “des pressions sont exercées sur les travailleurs restants pour qu’ils s’expriment contre la mise en place d’une délégation syndicale.” À la suite de ces informations, la CNE et le SETca ont sollicité un bureau de conciliation auprès de la commission paritaire au sein du SPF Emploi et Concertation Sociale. “La conciliation n’a pas abouti et dans ce climat, le bureau paritaire de représentants d’employeurs et d’organisations syndicales ont recommandé, à l’unanimité, que la procédure de référendum soit suspendue.”

Ce qui, toujours selon les syndicats, n’aurait pas été respecté. “L’employeur entend poursuivre la procédure sous le regard d’un huissier de justice. Cela devient une mascarade de la part de l’employeur, qui ne fait preuve d’aucun sens des responsabilités. Les licenciements survenus durant la procédure d’organisation du vote par référendum dont ceux de quatre candidats CNE et SETCA pour les mandats en délégation syndicale et les pressions exercées sur le personnel toujours présent créent un climat dans l’entreprise ne permettant plus d’organiser un vote dans un cadre serein.”

Les syndicats réclament de ce fait la suspension de la procédure, le report du vote par référendum à une date fixée paritairement ainsi que la possibilité pour les organisations syndicales CNE et SETCa de tenir préalablement une assemblée avec les travailleurs afin de les rassurer sur la poursuite du processus “dans un cadre qui sera apaisé.” Des actions d’informations seront entreprises ce mercredi dès 10 heures devant les locaux de l’entreprise, active dans le soutien et le service aux personnes handicapées.

”Sur le référendum a proprement dit, le droit ne nous laisse aucune marge de manœuvre. La procédure est lancée, le vote doit avoir lieu ce mercredi 7 décembre. Je ne peux pas décider de rétropédaler maintenant”, insiste Grégoire Schöller. “Quant aux suspicions de pression, je tiens à être clair : c’est faux et erroné. J’ai déjà fourni des explications et des preuves concernant ces licenciements, d’ailleurs actés avant la date de demande d’installation d’une délégation syndicale. Libre désormais aux syndicats de les entendre, de recevoir ces preuves. Nous faisons le nécessaire pour respecter la loi. C’est pourquoi nous avons sollicité l’intervention d’un huissier.”

L’administrateur précise encore que le secteur est confronté à d’importantes difficultés, ce qui justifie ces licenciements, de nature économique. “Nos recettes, majoritairement en provenance des assurances maladie, restent inchangées alors que depuis début 2022, l’inflation sur les coûts est colossale.” Au total, ce sont sept personnes qui sont concernées par ces licenciements, sur une équipe qui compte initialement 42 membres.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be