Parricide à Mons : il s’acharne sur son père en lui portant une multitude de coups au niveau du crâne

Hugo H. est décédé sous les coups de son fils. L’auteur risque une peine de 5 ans de prison ferme.

Margaux Piron
Illustration
©JC Guillaume

Les faits se sont déroulés le 27 février 2021 au sein d’une ferme située à la rue du Monument à Asquillies. Hugo H. s’est rendu au domicile de son fils armé d’un pistolet. Sur place, une dispute a éclaté entre les deux hommes et un coup de feu a été tiré en direction de Logan, qui a évité la balle. S’en est suivi une violente bagarre, le fils portera plusieurs coups de poing et coups de pied au niveau de la tête tout en proférant des insultes.

Le prévenu prendra même le temps de rentrer chez lui, à plusieurs reprises avant de ressortir et recommencer ses actes ignobles. Vu l’extrême violence des coups, Logan se plaignait d’avoir mal au tibia. Lors de sa première audition, il a même indiqué “qu’il lui shootait dans la tête comme dans un ballon de football”.

Inerte et couché dans une mare de sang, Hugo est décédé d’un sévère traumatisme crânien à l’hôpital à la suite des coups. “Je ne me suis pas rendu compte de la violence à laquelle je frappais mon père mais je n’ai pas voulu le tuer“, a indiqué Logan à la barre du tribunal correctionnel de Mons. Pourtant, les photos intenables de ce parricide démontrent que la tête de la victime a clairement été “explosée”. “Le prévenu pouvait s’arrêter de donner des coups mais il a fait le choix de s’acharner sur son père”, a relevé la partie civile.

Depuis plusieurs années, les relations entre père et fils semblaient fortement tendues pour une question d’héritage familial. Ce sujet serait d’ailleurs à l’origine de l’altercation.

”Un homme colérique et sanguin”.

Aujourd’hui trentenaire, Logan est décrit par sa famille comme quelqu’un de colérique, jaloux et sanguin. Contrairement au père, vu comme une personne calme, créative et qui fuyait les ennuis. Connu des services de police pour coups et blessures sous influence de l’alcool, Logan est également présenté comme un jeune homme sans limites et ne respectant pas les normes. Dès l’âge de 14 ans, il s’absentait de l’école pour aller boire des verres en compagnie de ses copains de classe. D’après l’expertise et plusieurs déclarations, Logan est dépendant à l’alcool (au point de boire deux bouteilles de vin par jour) et aux produits stupéfiants. “Cela m’arrive de boire un peu”, a-t-il confié durant sa première audition. “Je réserve un budget de 360 euros par mois pour acheter des boissons alcoolisées mais je sais m’en passer”.

Pour le représentant du ministère public, la prise de conscience du prévenu est nulle et l’intention d’homicide reste établie en raison du nombre des coups portés dans une zone vitale. Il est donc nécessaire d’exclure la légitime défense. “Au fil du temps, Logan se positionne davantage en victime”, s’est exclamé le procureur. “Lors de ses auditions, il pleure non pas pour le décès de son père mais craint plutôt de se retrouver derrière les barreaux”. Une peine de 5 ans ferme a été requise.

Le procès s’est déroulé au tribunal correctionnel de Mons et non à la cour d’assises étant donné que la chambre du conseil et la chambre des mises en accusation ont retenu l’excuse de provocation plaidée par la défense. L’avocat de Logan estime que son client n’a pas voulu tuer son père. “Si son intention était de l’achever, il se serait emparé de l’arme qui jonchait le sol”. Le jugement sera prononcé le 6 février.

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