Ce vendredi 13 novembre, le ministre-président de la Région wallonne, Elio Di Rupo, la ministre wallonne de la Santé Christie Morreale et le professeur de l'ULG Fabien Bureau ont présenté à Mons les tests salivaires qui vont permettre de dépister le personnel des maisons de repos. C'est au point relais montois que les autorités ont présenté leur nouvelle stratégie de testing pour ces institutions qui ont durement souffert lors de la première vague. La Wallonie compte onze autres points relais de ce type auprès desquels les 602 maisons de repos vont pouvoir chercher et déposer leurs kits.

"Le gouvernement wallon a investi sept millions d'euros pour ces tests. Ils seront destinés au personnel des maisons de repos. Le personnel sera testé systématiquement une fois par semaine, ce qui représente environ 32.900 tests hebdomadaires", indique Elio Di Rupo. "Parallèlement aux tests PCR traditionnels menés par les autorités fédérales, il était important pour nous de pouvoir développer ce nouveau procédé 100% wallon. Il faut d'ailleurs souligner les efforts et les capacités scientifiques de nos universités qui ont permis de mettre en place un tel système."

La grande différence avec les tests traditionnels, c'est que ceux-ci peuvent être réalisés soi-même, ce qui aura l'avantage de désengorger les centres de dépistage. Pas d'écouvillon dans la narine ici, mais un autoprélèvement par la salive. Les tests sont ensuite redéposés aux points relais, d'où ils prendront la direction des laboratoires pour analyse. Les résultats seront donnés entre 24 et 48 heures. La méthode est plus simple et l'efficacité est plus importante que les tests antigéniques. C'est donc une bouffée d'oxygène pour les centres de dépistage. Quant aux laboratoires chargés d'analyser les tests, leurs capacités vont augmenter avec la mise en place d'une plateforme fédérale bis.

Ce premier projet de testing mis en place pour les maisons de repos pourrait-il s'étendre à d'autres secteurs par la suite? "Pour le moment, nous sommes les seuls en Europe à procéder de cette manière", explique la ministre Christie Morreale. "C'est un nouveau projet que nous mettons en place. Nous avons déjà commencé à tester du personnel asymptomatique dans des maisons de repos et les premiers résultats nous ont permis d'écarter des personnes positives. Si cette opération porte ses fruits, cela nous donnera de bons espoirs pour reprendre une meilleure vie sociale. Nous sommes donc impatients de voir les résultats que cela va donner."

De l'espoir, il y en a également dans les paroles du vice-recteur à la recherche de l'Université de Liège. "Nous traversons une mauvaise passe avec cette crise sanitaire. Mais elle a révélé des qualités humaines que l'on avait sans doute un peu oubliées", commente le professeur Fabien Bureau. "On retrouve dans ce projet de l'empathie pour le personnel des maisons de repos que l'on ne connait pas, mais que nous voulons aider. Il y a aussi beaucoup de solidarité. Ces tests salivaires ont été développés par l'ULG en collaboration avec l'UMons, mais toute la logistique nécessaire au testing massif des maisons de repos n'aurait pas pu voir le jour sans l'aide de nos amis. Sans la solidarité entre universités, sans la solidarité avec le monde politique et les entreprises, nous aurions été incapables de faire ce que nous faisons aujourd'hui."

Les maisons de repos avaient payé un lourd tribut lors de la première vague. Ce projet de testing donne l'espoir de les voir davantage épargné par la seconde. Il laisse entrevoir également la possibilité d'une cohabitation moins restrictive avec le virus, pour autant que les résultats de l'expérience s'avèrent concluants et que les capacités suivent.

© G.La