La CGSP-Admi Mons-Borinage a mené une action de sensibilisation pour dénoncer des chiffres alarmants

La CGSP-Admi a eu le souffle coupé lorsqu’elle a recensé le nombre d’accidents de travail ainsi que le nombre de journées de travail perdues en raison de ceux-ci au sein des pouvoirs locaux de la Région de Mons-Borinage pour l’année 2016. "Le résultat de ce recensement est stupéfiant et témoigne du laxisme en la matière de la part de nos employeurs", peste Laurent Dufrasne, permanent de la CGSP-Admi Mons-Borinage. "Bienvenue à St-Pansement, ville des accidentés du travail !"

Du coup, ce mercredi, ils étaient une vingtaine à s’installer le long de l’avenue De Gaulle pour mener une opération de sensibilisation à l’attention des automobilistes de passage. "Il s’agit d’une action de sensibilisation contre l’absence d’une réelle politique de prévention et de protection au travail au sein des pouvoirs locaux de la Région. Des accidents de travail ont été reproduits afin d’interpeller les citoyens sur les conséquences de ce manque de politique de prévention et de protection au travail."

Au total , ce ne sont pas moins de 669 accidents de travail qui ont été comptabilisés sur l’année 2016, même si toutes les administrations n’ont pas remis leurs chiffres. À l’aide d’une signalétique particulière, l’avenue De Gaulle s’est donc transformée en un épisode de Walking Dead. Trois accidents sanglants étaient illustrés. Un cantonnier renversé par un automobiliste, un élagueur blessé au bras et un ouvrier dont la jambe était fracturée après une chute.

"La réflexion fait suite au dernier dramatique accident de travail connu par un collecteur, qui a perdu l’usage de ses jambes dans l’exercice de sa fonction. Nous avons régulièrement envoyé des courriers aux autorités administratives de Mons-Borinage afin d’organiser le plus souvent possible des réunions de prévention et de sensibilisation. Malheureusement, nos courriers subissent un certain classement vertical. Il y a une législation qui est applicable, mais au niveau du secteur public nous avons des difficultés à la faire respecter."

En 2016, 669 personnes ayant connu un accident de travail ont déjà été recensées dans les services publics de la Région. "Ce qui équivaut à plus de 18.000 demi-journées de travail perdues soit 83 équivalents temps plein. Autrement dit, cela représente le coût d’une année de fonctionnement d’une administration communale comme Quévy", a conclu le syndicat entre deux distributions de tracts.