Resté mobilisé, en première ligne, le personnel du milieu hospitalier est désormais à bout. Ce ras-le-bol généralisé sera exprimé ce jeudi à 10 heures sur la grand-place de Mons, lors d’un grand rassemblement des travailleurs des hôpitaux de la région de Mons, du Centre, de Tournai et du Brabant Wallon.

"Depuis 15 mois, vague après vague, le personnel hospitaliser a dû gérer l’ingérable, supporter l’insupportable et garantir une prise en charge de qualité et humaine de la population", souligne le SETca. "Dès qu’une éclaircie est apparue, les impératifs économiques et médicaux ont maintenu une pression énorme sur le personnel pour rattraper ce qui n’a pas pu être fait, voire récupérer les recettes perdues lors du report des prestations."

Une réalité qui se traduit par « des programmes hyperchargés dans une série de services, associés à des déclarations de refus d’embauche d’étudiants pendant les vacances » et qui fait craindre l’impossibilité pour le personnel de souffler réellement pendant l’été, à la sortie de la troisième vague. Las de n’avoir constaté "aucune avancée ni engagement significatifs sur le terrain" malgré le dépôt d’un préavis de grève déposé en Front Commun le 4 juin dernier et qui arrive à échéance ce jeudi, le SETca entend donner de la voix.

"Il semble en plus que l’utilisation des moyens du Fonds Blouses Blanches soit catastrophique : très peu d’emplois réellement utiles à l’amélioration structurelle des conditions de travail, des justifications de dépenses totalement hors propos pour 2020, une absence totale d’anticipation, notamment en matière de recherche de candidats à l’embauche … A la mi-2021, aucune mobilisation des moyens de ce fonds n’a été mise en œuvre pour l’année en cours."

Le syndicat pointe également du doigt "une attitude totalement irresponsable" dans les négociations des conventions collectives de travail (CCT) découlant de l’Accord social. "Toute concession est considérée par les employeurs comme une défaite plutôt que comme une amélioration de la situation de non attractivité et non rétention. Les fédérations d’employeurs ont bloqué depuis trois ans la conclusion d’un accord encadrant socialement la mise en place des réseaux hospitaliers."

Et de poursuivre : "Dans le même temps, les mêmes employeurs mettent en place concrètement ces réseaux, sans aucune concertation. Enfin, nous faisons l’amer constat d’un personnel de moins en moins applaudi ou valorisé dans son investissement démesuré pour combattre la pandémie, et qui doit en plus faire face à une agressivité accrue de la part des patients et familles." Bref, la coupe est pleine et les demandes nombreuses pour améliorer le secteur des soins de santé.