La mesure phare du PS est adoptée par les élus mais pas son application

Il y a de cela un an, la semaine à quatre jours au sein de l’administration communale de Mons sans perte de salaire, c’était audacieux, voire novateur. Le PS montois, avec à sa tête Elio Di Rupo, bourgmestre et président national du PS, avait dit qu’il le ferait mais il s’est quand même un peu ravisé depuis.

Suite à des déclarations à l’échelon national, l’agitateur et chef de file MR à Mons, Georges-Louis Bouchez, l’avait mis au défi de tester la mesure en ses terres avant d’imaginer généraliser l’idée. Un an après ces coups médiatiques de gauche et de droite, où en est-on dans la Cité du Doudou ? Pas très avancé…

Lorsque le collège PS/CDH s’était retrouvé avec cette motion du MR visant à instaurer le mécanisme, il n’en croyait pas ses yeux. Reste qu’après moult amendements, une motion allant dans ce sens a bien été adoptée. Son application en tant que telle l’est moins. En effet, dans la motion votée, le PS montois s’est assuré d’un amendement fort utile aujourd’hui.

Ce procédé serait mis en place si "une compensation financière est accordée de la part du gouvernement fédéral qui pourrait mettre à disposition de la Ville les montants réservés aux chômeurs complets qui seraient engagés. S’il s’agissait de personnes non indemnisées par le chômage, le gouvernement fédéral attribuerait à la ville des réductions de cotisations actuellement payées au niveau fédéral."

En d’autres termes, il est demandé au gouvernement fédéral de couvrir les surcoûts dus à la réduction du temps de travail des agents communaux et aux embauches compensatoires qui en résulteront. Car celui-ci bénéficierait des effets positifs d’une réduction du chômage. "La réduction du temps de travail n’est concevable qu’avec des réductions de cotisations patronales que doit consentir le gouvernement fédéral", ajoute Elio Di Rupo.

Sauf qu’en un an, le gouvernement n’a pas donné son feu vert. "Nous n’avons eu aucun signal du fédéral de quelque nature que ce soit, en ce compris au niveau de la zone de police où nous l’avons sollicité pour qu’il fasse un effort similaire au nôtre. Nous avons augmenté de 500.000 euros la dotation à la zone de police. Le gouvernement fédéral aurait dû faire la même chose", rappelle-t-il.

Question relais, le délégué-général du MR, Georges-Louis Bouchez, semblait pourtant bien placé même si ce dernier ne croit pas vraiment en cette mesure. Son truc à lui, c’est plutôt l’allocation universelle. "Ça prouve, comme souvent avec le PS, qu’il fait des promesses avec l’argent des autres", pique-t-il. "Elio Di Rupo n’a pas les moyens de ses ambitions et raconte des histoires aux citoyens. Il n’avait pas à s’engager s’il n’avait pas les moyens ! Il n’y a aucun plan précis avec une demande chiffrée, avec un volume d’agents qui a été faite au gouvernement fédéral."

Logique donc, selon lui, que le gouvernement fédéral n’ait pas donné son feu vert. "Il n’y a pas de réelle volonté dans le chef de Di Rupo, si ce n’est de faire un coup de com’. L’inaction de la Ville est la preuve du caractère absurde de la proposition." Bref, la mesure risque un classement vertical en attendant les prochaines élections.