Mons

Le produit doit être transvasé dans une autre cuve et le camion remis sur ses roues grâce à deux camions-grue.

La situation reste particulièrement difficile sur les routes de la région alors qu’aux alentours de 1h30 cette nuit, un camion immatriculé en Italie et transportant deux personnes s’était renversé et couché sur le flan, sur le E19 dans le sens Bruxelles-Mons-Valenciennes à hauteur de Maisières. Les deux occupants ont été pris en charge et ont d’ores et déjà pu quitter l’hôpital. Mais les conséquences de pareil accident se font, elles, toujours ressentir.

En effet, l’autoroute restera fermée à la circulation dans les deux sens une bonne partie de la journée afin de permettre aux services d’intervention de nettoyer la chaussée. En se couchant, le camion a perdu une partie de son chargement, de la résine, un produit hautement inflammable et toxique. "Les services d’urgence étaient sur place à 1h33. Sans plus attendre, les mesures d’urgence ont été prises", souligne Nicolas Martin (PS), bourgmestre de Mons.

Dans un premier temps, ce sont les pompiers de la zone de secours Hainaut-Centre qui sont intervenus afin de couvrir de mousse le produit dans l’objectif d’éviter l’évaporation du produit et colmater la fuite. "Les mesures prises directement au pied de l’accident étaient rassurantes puisque les seuils critiques n’ont pas été atteints. Nous avons effectué plusieurs mesures depuis, et également au niveau de l’école de Maisières, mais il n’y a aucun risque pour la population."

Par mesure de précaution malgré tout, un message a été envoyé à 4600 personnes aux alentours de la zone d’accident via le système Be Alert, afin de les inviter à garder les portes et fenêtres fermés et à couper les systèmes de ventilation des habitations et des véhicules. "Il s’agit vraiment de mesure de précaution, parce que le produit peut provoquer une gêne au niveau de la gorge dû à une très forte odeur de colle."

© IPM Graphics

Et maintenant?

Désormais, les services d’intervention (police locale et fédérale, pompiers, protection civile, ville de Mons, SPW,…) travaillent de concert afin de permettre un retour à la normale. "Il va falloir transvaser le produit qui s’est déversé dans un autre camion, déjà sur place. Cela devra se faire à l’aide de pompes spéciales, identifiées par une entreprise spécialisée. Celles-ci sont en cours d’acheminement", précise encore le bourgmestre.

Il faudra ensuite remettre le camion sur ses roues. "Deux camions-grues sont en chemin pour permettre cette opération. Il faudra alors faire un état des lieux de la voirie car le produit est corrosif. Il n’est donc pas impossible que le revêtement ait été abimé par le produit. Il conviendra de mesurer la praticabilité de l’autoroute avant sa réouverture." Dans tous les cas, l’opération de transvasement prendra plusieurs heures. De nombreuses précautions doivent être prises afin d’éviter que le produit ne s’enflamme et la cuve avait une contenance de 20 à 24 000 litres.

Pour l’heure, on ignore encore quelle quantité de produit s’est déversée sur la chaussée, ce n’est qu’à l’issue du nettoyage que l’on pourrait l’estimer. Des mesures ont également été prévues au niveau de l’environnement direct afin d’estimer l’impact d’une éventuelle pollution des sols et cours d’eau proches. Le point d’interrogation, à ce stade, reste la durée de l’impact d’une telle opération sur la mobilité."

"Il est peu probable que l’autoroute soit libérée pour l’heure de pointe, et nous sommes mercredi. Des déviations ont été mises en place et les différents services de police collaborent afin d’éviter la pagaille", précisait à son tour Jean-Hubert Nicolay, chef de corps de la zone de police Mons-Quévy. "Nous invitons les conducteurs à conduire le plus posément possible. Nous sommes conscients que la situation n’est pas simple mais évitons d’ajouter des accidents à l’accident. Il faut prendre son mal en patience."

Au niveau des écoles de l’entité, les enseignants ont été briffés. Il leur a été demandé la plus grande flexibilité afin de prendre en charge les enfants dont les parents subiraient du retard dû à une situation qui reste pour le moins – heureusement – extraordinaire.