La quatrième chambre correctionnelle de la cour d'appel du Hainaut a condamné ce jeudi un Montois à une peine de cinq ans avec sursis pour viol et attentat à la pudeur sur une mineure. Elle a ainsi réformé un jugement du tribunal correctionnel de Mons qui avait acquitté le sexagénaire, alors qu'en appel, le ministère public avait demandé de confirmer l'acquittement. Le sexagénaire contestait les faits et le ministère public estimait qu'il existait un doute. 

Dans cette affaire, tout le monde regrettait les lacunes de cette affaire. "L'affaire n'a pas été mise à l'instruction, il y a des lacunes mais doit-il en être victime ?", avait demandé Me Bouchat, son avocat. Du côté des parties civiles, Me Mayence et Me D'Agristina, intervenus en degré d'appel, avaient insisté auprès de la cour pour visionner l'audition vidéofilmée par la police de la victime, une petite fille âgée de six ans. Cette vidéo n'avait pas été diffusée en première instance.

Lors de cette audition, réalisée en février 2017, la fillette raconte que son tonton lui avait infligé à plusieurs reprises des viols par pénétration digitale, alors qu'elle avait passé la nuit chez lui à la mi-janvier 2017. Pour les avocats de sa maman, elle n'a pas pu inventer ces accusations.

Jadis, le prévenu a fait l'objet de plusieurs plaintes similaires. Il a été acquitté deux fois et le troisième fait a été prescrit. Des facteurs de risque avaient été mis en évidence par une expertise psychologique réalisée en 2019. Me Mayence avait insisté : "Ce sont les mêmes gestes qui ont été répétés dans les trois affaires".