Le ministère public a requis, jeudi, devant la quatrième chambre correctionnelle de la cour d'appel du Hainaut, la confirmation du jugement condamnant le policier qui a tué involontairement Mawda, la nuit du 16 au 17 mai 2018, lors d'une course-poursuite sur l'E42. Le ministère public soutient, comme en première instance, que le policier a commis une faute en usant de son arme de service, alors qu'il existait d'autres moyens pour arrêter le véhicule. Le policier avait écopé d'une peine d'un an avec sursis pour homicide involontaire par défaut de prévoyance ou de précaution.

Le ministère public considère que les déclarations "stables et constantes" du prévenu lors de la procédure, rejoignent les éléments objectifs de l'enquête. Le problème de communication, évoqué par le prévenu, entre les équipes de Namur et de Mons a été confirmé par l'enquête. La conduite rapide et dangereuse de la camionnette est avérée à suffisance de droit, selon le ministère public, tout comme le mouvement brusque vers la gauche. Enfin, il n'y a eu qu'un seul tir et la petite Mawda se trouvait à l'avant de la camionnette au moment du tir.

Pour le ministère public, le caractère involontaire du tir ne fait aucun doute, alors que le prévenu conteste le défaut de prévoyance. Toutefois, le ministère public considère qu'il a commis une faute en visant le pneu avec son arme à feu, car il existait d'autres moyens pour stopper cette camionnette. "De plus, il savait qu'il y avait au moins un enfant, il l'a dit dans son premier interrogatoire", insiste l'avocate générale. Interrogé sur ce point, le prévenu a déclaré qu'il l'avait appris a posteriori.

Le ministère public estime que la cour doit prendre en compte la réaction d'un policier placé dans des circonstances similaires. Elle ajoute qu'aucun des policiers qui sont intervenus dans cette affaire, n'a pensé à tirer dans les pneus. "Il y a eu des manquements et des lacunes dans la formation du policier, mais les autres policiers n'ont pas été davantage formés", a déclaré Ingrid Godard. Le policier a donc pris un risque délibéré et sa faute est établie de manière certaine, selon l'accusation.