Ce jeudi s'ouvre à Mons le second volet de l'affaire Mawda. Condamné à un an de prison avec sursis, le policier auteur du coup feu fatal a fait appel du jugement rendu par le tribunal correctionnel en février dernier.

Le tribunal avait estimé que le policier avait commis une faute en utilisant son arme la nuit du 17 mai 2018 sur l'autoroute E42 à hauteur de Maisières contre le véhicule en fuite qui transportait des migrants, dont la fillette de deux ans. Le policier avait ainsi été reconnu coupable d'homicide involontaire. Sa défense a toujours soutenu que le policier visait les pneus du véhicule en fuite et qu'un coup de volant avait dévié son tir. Elle soutient en outre qu'il ne pouvait pas savoir que le véhicule transportait un enfant de deux ans. La défense du policier avait plaidé l'acquittement et la suspension du prononcé. Elle a donc interjeté appel. Le Parquet a par ailleurs fait appel du jugement rendu contre le passeur présumé, acquitté en première instance.

Un rassemblement est prévu devant la Cour d'appel ces jeudi et vendredi. D'abord pour soutenir les parents de la petite Mawda qui, après l'épreuve du procès en première instance, vont à nouveau devoir être plongés par le détail dans le souvenir de cette nuit infernale du 17 mai 2018. Les manifestants entendent en outre réaffirmer leur volonté de voir une commission parlementaire examiner le contexte dans lequel le drame est survenu.

Le Comité Justice4Mawda rappelle ainsi que le décès de la fillette s'inscrit dans le cadre de l'opération Medusa qui visait à "traquer les migrants". Il estime donc que des responsabilités politiques sont engagées dans cette affaire et qu'il faut aller plus loin que le jugement du policier et du chauffeur.

Le Comité Justice4Mawda a lancé une grande campagne pour convaincre les députés de mettre sur pied cette commission parlementaire. Il peut compter sur le soutien de nombreuses personnalités telles que Ken Loach, Roger Waters, Noam Chomsky ou encore David Murgia.