Le procès se tiendra finalement sur deux jours, les 23 et 24 novembre prochain.

Pour les parents de Mawda, présents à l’audience de ce jeudi matin à Mons, l’attente est longue mais le soulagement d’enfin connaitre la date du procès réel. "Mes clients savent que cette audience n’était organisée que pour fixer un calendrier", explique leur conseil, Me Selma Benkhelifa. "Ils étaient dans l’attente de connaitre cette date afin d’enfin pouvoir dire tout ce qu’ils ont à dire."

Le procès s’ouvrira plus de deux ans après ces faits dramatiques. "C’était une grande frustration pour eux car certaines choses n’ont jamais pu être entendues. On parle ici de parents qui ont perdu leur fille de deux ans. L’émotion qui a entouré ce dossier et qui l’entoure encore est bien compréhensible. Pour n’importe quelle victime, attendre deux ans et demi, c’est énorme, c’est beaucoup trop long !"

Le procès s'étalera donc sur deux jours, en novembre prochain. "Nous espérons sincèrement que d'ici là, les mesures liées au coronavirus seront levées car elles empêchent la publicité des audiences, pourtant primordiale dans ce genre de dossier. La société civile a le droit d'avoir un regard sur ce qu'il se passe."

Ce jeudi, les parents pouvaient compter sur le soutien des membres du comité Mawda - Justice et Vérité ou du Groupe Montois de Soutien aux Sans-Papiers.Plusieurs membres espèrent pouvoir assister aux échanges en novembre. "En tant que citoyenne belge, et non pas en tant qu’avocate, je peux dire que dans ce dossier, la Belgique a montré le pire et le meilleur d’elle-même. Si la chasse aux migrants est le pire, la solidarité citoyenne qui s’est organisée autour de mes clients est le meilleur, elle a permis de démontrer les valeurs et les traditions d’hospitalité du peuple belge. Pour cette famille qui a vécu le drame de perdre un enfant, ce soutien est extraordinaire."


En novembre prochain, les parents de Mawda espèrent donc obtenir des réponses à leurs questions afin de pouvoir, dans la mesure du possible compte tenu de la perte de leur enfant, continuer à avancer. "Leur volonté est de rester là où leur fille est enterrée. Ils se rendent encore sur sa tombe très régulièrement, chaque semaine. C’est important pour eux de ne pas en être éloignés. Puisqu’ils sont réguliers en Belgique, ils devraient pouvoir rester sur le territoire."

Pour rappel, la petite Mawda avait été touchée d’une balle dans la tête alors qu’elle se trouvait aux côtés de ses parents et d’autres migrants à bord d’une camionnette que la police poursuivait. La course-poursuite s’était étalée sur plus de 60 kilomètres et s’était finalement terminée avec la mort tragique de l’enfant.