Mons L’avocat général a demandé la confirmation de la peine déjà prononcée.

Me Karim Itani, avocat de Nathalie Flaba (48 ans), a demandé jeudi, à la quatrième chambre correctionnelle de la cour d’appel du Hainaut, de condamner sa cliente à une peine de prison avec sursis pour le meurtre de son mari, contestant ainsi la préméditation. Le 24 mars 2016, Didier Prospero a été tué de huit balles à Froidchapelle. En mai dernier, le tribunal correctionnel de Charleroi avait condamné Nathalie Flaba à une peine de 26 ans de prison pour assassinat, pour laquelle la prévenue a fait appel.

Le corps sans vie de Didier Prospero a été retrouvé par ses enfants dans la salle de bain de la maison familiale. La victime avait été abattue de huit balles et tout laissait penser à un cambriolage mortel. Les enquêteurs ont toutefois confondu l’épouse du défunt, Nathalie Flaba, grâce à des traces de poudre découvertes dans la voiture familiale. Cette dernière est passée aux aveux, mais niait toute préméditation. Elle conteste toujours cette circonstance aggravante, raison pour laquelle elle a interjeté appel.

"On s’est cantonné à une seule notion, l’attitude de ma cliente après la commission des faits. Cela me laisse dubitatif car il n’y a aucun élément sur la réflexion préalable à ces faits", explique l’avocat.

Après avoir tué son mari , Nathalie est partie travailler, elle a acheté un billet de lotto et est rentrée chez elle avec ses trois enfants, lesquels ont découvert le corps sans vie de leur père, "ce qui n’a pas été calculé", a affirmé l’avocat. "C’est faux, elle a déclaré qu’elle avait dit aux enfants d’aller voir leur papa car la maison était sens dessus dessous", a répliqué l’avocat général, lequel soutient qu’elle a mis en scène un cambriolage qui a mal tourné.

La défense a aussi contesté les propos de l’avocat général, lequel a déclaré que la prévenue s’était organisée pour conduire les enfants à l’école à Gerpinnes, ce matin-là.

L’avocat conteste encore le fait qu’elle ait acheté un billet de lotto à 14h23 pour gagner et fuir à l’étranger. "Le couple avait des fins de mois difficiles, c’était connu de tous. C’est elle qui gérait les deniers du ménage. Des témoins disent qu’elle gérait ça très bien, et même qu’elle se privait." Son mari affichait en revanche une ardoise de 90.000 euros à la banque.

La défense a soutenu que Nathalie s’est énervée lorsqu’elle a constaté que son mari avait tué le chien "car c’était une bouche en moins à nourrir". L’accusation défend toutefois que c’est la prévenue qui a tué le chien pour faire croire à un cambriolage. "Si c’est lui qui a tué le chien, il l’aurait enterré. Ses proches l’attestent."

Nathalie Flaba a été la dernière à prendre la parole. "J’ai raconté n’importe quoi car je ne pensais plus à rien. J’ai ensuite pris conscience de l’ampleur des dégâts causés. J’ai vécu une vie heureuse avec mon mari mais il a changé à la mort de son papa. J’ai caché beaucoup de choses à mes enfants. Ce jour-là, je n’étais pas bien du tout. Quand je suis rentrée à la maison, le chien était mort. Lui était dans la chambre. J’ai pris l’arme dans le tiroir et je l’ai braqué. Ce jour-là, je suis devenue un monstre."

L’avocat général a demandé la confirmation de la peine prononcée en première instance. L’arrêt sera rendu le 27 février.