Mons Le Serious Game Project s'est invité à Mons, Saint-Ghislain, La Louvière et Soignies.

"Il faut voir la tête des élèves quand je débarque dans leur cour de récréation avec une PS4 et un casque de réalité virtuelle. Ils ont les yeux qui s'écarquillent", sourit Alexandre Brzozowski. Ces derniers mois, ce spécialiste en neurosciences cognitives et comportementales est venu équiper plusieurs écoles provinciales de la région : l'école du Futur de Mons, le lycée provincial de Soignies, le LPETH de Saint-Ghislain ou encore l'athénée provincial de La Louvière.

Non, Alexandre Brzozowski n'est pas un père Noël des temps modernes. Si des enseignants ont fait appel à lui, c'est plutôt pour une mission éducative. Le jeu vidéo et la réalité virtuelle peuvent en effet s'avérer intéressants pour des cours d'histoire, de géographie ou de sciences. "L'objectif est de transformer l'environnement pour motiver les jeunes. Avec un casque de réalité virtuelle et un jeu vidéo comme Assassin's Creed, on peut découvrir l'Egypte ou la Grèce antique. D'autres jeux permettent aussi de visiter une cellule de l'intérieur. L'image est projetée sur un écran et toute la classe peut participer."

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L'usage du jeu vidéo en classe a aussi deux autres objectifs : motiver les jeunes et surtout les conscientiser aux risques. "Il faut se rendre compte que des stratégies sont mises en place pour les asservir. Cela peut s'avérer dangereux. Le marketing visé sur les enfants est un enjeu très important pour beaucoup d'entreprises. Ils utilisent les neurosciences. C'est par exemple ce qui a été fait avec le jeu Fortnite pour fédérer un maximum de joueurs sur le long terme."

Cet expert en neurosciences s'est tourné vers les jeux vidéo lorsqu'il était encore étudiant. "Je me suis intéressé aux enfants à haut potentiel en me penchant sur la question suivante : pourquoi un jeu vidéo motive davantage que l'école classique ? De fil en aiguille, j'en suis venu à considérer les stratégies de neuroscience, qui sont utilisées dans beaucoup de jeux vidéo afin de rendre les jeunes motivés voire addicts, pour les appliquer à l'école."

C'est sur base de ces idées qu'Alexandre Brzozowski est devenu chef de projet pour la province du Hainaut pour créer le "Serious Game Projet". "J'ai commencé en 2015 par donner cours de psychopédagogie aux enseignants en insérant la dynamique du jeux vidéo. Puis je suis arrivé à cela de fil en aiguille. Les enseignants doivent y aller progressivement, à leur rythme. Nous n'imposons rien. En fonction des retours, nous pourrons équiper davantage les écoles."

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