On le connait, particulièrement à Mons, pour ses œuvres monumentales qui transforment l'espace public en musée à ciel ouvert. Alors que son Passenger vient d'être démonté, Arne Quinze est de retour dans la Cité du Doudou. Le BAM lui consacre en effet, du 29 mai au 29 août, une rétrospective. La première du genre pour cet artiste belge qui dissémine ses sculptures depuis 25 ans aux quatre coins du monde. Il prépare d'ailleurs de nouveaux projets à Sao Paulo, à Mexico à Taïwan ou encore au Caire. Mais jeudi matin, c'est à Mons qu'Arne Quinze se trouvait pour présenter l'expo que lui consacre le BAM.

"Préparer cette rétrospective était une démarche assez particulière. On a ouvert des caisses qui étaient fermées depuis 10 ou 15 ans. C'était comme voyager dans mon propre parcours", confie Arne Quinze.

Un parcours qui commence des graffitis. "On vivait à la campagne. Puis quand on s'est installé en ville, ça a été un choc. Tout était gris et triste. Les graffitis, c’était une façon d'apporter de la couleur et de la beauté dans l'espace public. C'est comme ça que tout a commencé", explique Arne Quinze. "On passe toute notre vie dans des boites. Ça commence avec l'hôpital où on nait, puis il y a l'école et ses briques. Ça continue avec le bureau où on travaille. Et ça se termine dans un cercueil. En tant qu'artiste, je veux aider à sortir de ce monde de boites en amenant de la beauté dans l'espace public. On aime ou on n'aime pas évidemment. Avec les graffitis par exemple, des gens trouvaient ça beau, d'autres disaient que c'était moche. Mais ils se parlaient."

Depuis Mons 2015 évidemment, il y a un lien particulier entre Arne Quinze et la Cité du Doudou. Mais pour le directeur du pôle muséal, il fallait aller plus loin avec cette rétrospective inédite. "On le voit à travers son travail, Arne Quinze questionne des enjeux sociétaux. Ça correspond tout à fait à la philosophie du BAM", souligne Xavier Roland. "Le musée doit se connecter au monde, s'ancrer dans son territoire et participer tant aux enjeux de sa ville que de la société. Ce genre d'exposition permet de redonner du sens au rôle du musée dans la culture contemporaine."

Cette rétrospective est aussi l'occasion de découvrir des facettes méconnues de l'artiste belge qui brille à travers le monde avec ses sculptures monumentales. "Nous avons une image d'Arne Quinze, mais le connait-on vraiment? Avec cette exposition que la Ville de Mons est fière de pouvoir accueillir, nous allons pouvoir réellement découvrir qui il est ", promet Catherine Houdart, échevine de la Culture.

La rétrospective du BAM se décline en effet à travers neuf sections qui nous font découvrir toutes les facettes de l'œuvre d'Arne Quinze: dessins et esquisses foisonnantes, maquettes de sculptures majestueuses, grands tableaux impressionnistes… L'expo My Secret Garden présente des œuvres fortes et toujours articulées au monde végétal. C'est devenu un fil rouge dans le parcours d'Arne Quinze qui aspire à redonner des couleurs aux villes. L'artiste à la main verte a d'ailleurs aménagé un jardin composé de 5000 bulbes de 300 espèces vivaces différentes au BAM. À noter également que plusieurs sculptures seront exposées sur le parvis du musée et sur la Grand-Place le temps de l'exposition. Des sculptures qui auraient déjà dû prendre leurs quartiers, mais des soubresauts du marché de l'aluminium provoqués par la pandémie ont entraîné deux semaines de retard dans leur mise en place. Rien d'étonnant finalement. Après les épisodes du Passenger et du Passenger bis, on peut se dire qu'une aventure d'Arne Quinze ne serait pas vraiment montoise sans le moindre pépin. En attendant, c'est au BAM que ça se passe. Et ça vaut le détour, même en famille. Le jardin secret d'Arne Quinze ne manquera pas en effet d'émerveiller les plus petits.

© G.La