Mons

Le médecin légiste qui a procédé à l'autopsie du corps de Jean-Claude Libiez, tué d'une balle la nuit du 20 au 21 octobre 2016 dans sa ferme à Roisin, est venu présenter, jeudi matin, ses travaux devant la cour d'assises du Hainaut. 

Le légiste n'a relevé aucune trace de défense sur le corps de la victime, âgée de 63 ans.

D'après les conclusions du médecin, le décès résulte d'un choc hypovolémique à la suite d'une importante hémorragie dans un contexte de traumatisme balistique. La balle a été tirée sur le flanc droit du corps, de l'arrière vers l'avant. Le projectile a perforé le rein gauche et déchiré l'artère rénale. Plus d'un litre de sang a été retrouvé dans l'abdomen de la victime. 

Le légiste a également relevé trois plaies sur le crâne de la victime, conséquences de coups portés avec un objet tel qu'une barre de fer. "Je n'ai relevé aucune lésion de défense", a déclaré le médecin. Ce dernier a aussi examiné le corps de Bernard Libiez, 64 ans aujourd'hui, également touché par une balle qui a fracturé la troisième vertèbre lombaire, engendrant une faiblesse généralisée du membre inférieur droit. 

Outre le dommage physique, qui oblige cet homme à se déplacer à l'aide d'une béquille, les conséquences psychologiques sont importantes. Bernard Libiez a été hospitalisé quelques temps en psychiatrie en raison de ses angoisses. Selon l'expert en balistique, Jean-Claude Libiez a été touché par un coup de feu tiré par un calibre 7.65, à une certaine distance. Une balle tirée par un calibre 12 a en outre été retrouvée dans le plafond sur la scène de crime. "Ce second tir a été fait de manière verticale, ne visant personne", a déclaré l'expert.

Deux douilles, de calibre 7,65mm, ont encore été tirées par la même arme, ce qui implique que deux tirs ont été effectués avec cette arme de calibre 7.65. Le tir de grenailles dans le plafond a été réalisé par une arme de chasse ou riot-gun. L'avocat général indique que, à la suite du report du premier procès, des douilles et des balles ont été retrouvées chez la maman de Brondon Kempfer. Mais les conclusions de l'expert en balistique sont négatives. 

La maman des frères Libiez est également victime dans cette affaire. Claudette, née en 1933, a gardé des séquelles psychologiques de cette agression. "Elle a voulu retravailler mais le moindre bruit la fait sursauter", explique l'expert psychiatre qui qualifie le stress pots-traumatique d'important. L'incapacité est permanente. L'audition des parties civiles est attendue en début d'après-midi. Cinq hommes et une femme sont accusés d'un vol avec violence avec la circonstance aggravante qu'un meurtre a été commis. 

Dans la nuit du 20 au 21 octobre 2016, vers 01h30, deux hommes armés sont entrés par effraction dans la ferme de Beaumont à Roisin, exploitée par la famille Libiez. Proche de la frontière, cette ferme vendait du tabac, objet du vol. Un butin évalué à plus de 22.000 euros a été emporté. Dix jours avant les faits, une tentative de vol avait eu lieu. Le cas de Franz Pottiez, que l'enquête désigne comme étant le commanditaire, a été disjoint en raison de son état de santé. 

Lors de l'enquête, son ami, Loïc Harvengt a balancé les noms de Torino Dubois, Josué Krier et Brondon Kempfer, lesquels contestent les faits, arguant qu'ils étaient en train de commettre un vol à Soignies cette nuit-là. Thomas Audin et Sylvie Cuelle, les voisins des victimes, sont pour leur part soupçonnés d'avoir donné des informations à Franz Pottiez sur la descrption de la ferme et les jours de livraison des cigarettes. Ils prétendent avoir été "manipulés" par Franz Pottiez, qu'ils comparent à un démon.