Lundi, devant la cour d'assises du Hainaut, les experts qui ont enquêté sur la mort de Patricia Allermeersch, décédée dans l'incendie de sa maison, ont dressé une ligne du temps. Son ancienne voisine, Marjorie Leclercq, est soupçonnée d'être l'incendiaire, alors qu'elle venait de vider les comptes bancaires de la victime. Elle est aussi accusée de plusieurs autres vols de cartes bancaires et de fraudes informatiques. Patricia Allermeersch s'est installée au 26 de la rue du Pont Beumier en 1991. En 2005, M. s'est installée dans le quartier et les deux femmes sont vite devenues amies, M. s'occupant notamment de faire les opérations bancaires de Patricia. Elle connaissait ses habitudes et, en 15 ans, aucun mouvement bancaire étrange n'a été constaté. Au contraire, Patricia vivait avec peu de moyens, dépensait peu et avait deux comptes en banque bien fournis.

Le 14 septembre 2017, Marjorie Leclercq loue la maison numéro 22 de la rue du Pont Beumier. Elle raconte à ses voisines que son précédent logement a été ravagé par le feu, ce qui est faux. Néanmoins, Patricia et M. lui fournissent des objets pour s'installer. Marjorie et ses enfants s'y installent dès le 29 septembre. Le 19 octobre, M. effectue deux virements bancaires pour Patricia. C'est la dernière fois qu'elle aide son amie. Le 27 octobre, Patricia est emmenée à l'hôpital pour état d'ivresse. M. refuse de garder son chien, les deux femmes se disputent.

Le 29 octobre, la carte de téléphone de Marjorie est insérée dans l'un des deux téléphones de Patricia. Le lendemain, Patricia contacte M. pour lui demander ce qu'elle doit faire car son téléphone a disparu. Elle se plaint aussi de la disparition d'une carte bancaire. Le 7 novembre, des transferts de fonds sont effectués sur le compte de Patricia dans une agence qu'elle n'a pas l'habitude de fréquenter. Plusieurs achats inhabituels sont effectués. Le 11 novembre, les comptes de Patricia sont vidés.

Le 12 novembre, Patricia dîne avec des amis à qui elle se plaint de la disparition de ses deux cartes bancaires et de sa voisine Marjorie qui entre chez elle sans autorisation, depuis qu'elle lui a donné la clé pour nourrir ses animaux en son absence. A 12h15, Marjorie envoie deux SMS à Patricia, qui ne répond pas. A 13h56, Marjorie achète des tickets à gratter dans une station-service. A 14h19, elle achète un chien de race et dépense 1.200 euros. Elle s'est rendue chez le vendeur en taxi et ce dernier a eu l'impression qu'elle avait gagné à la loterie. Marjorie effectue encore un achat à 14h49 puis achète six canettes de bières et deux de coca dans une station-service. A 20h46, Marjorie appelle les secours car le feu ravage la maison de Patricia. Elle est interrogée comme témoin par la zone de police de Mons et raconte les envies suicidaires de Patrica. Elle pleurait, selon la policière qui l'a interrogée. Celle-ci n'a pas relevé de traces de brûlures ou de suie sur Marjorie.

Le 13 novembre, les voisins relèvent des contradictions dans le discours de Marjorie. L'expert incendie relève trois foyers dans la maison. Le 29 novembre, les sœurs de Patricia se présentent à la police. A leur grande surprise, les comptes de Patricia étaient vides, alors qu'elle dépensait peu et avait encore plusieurs milliers d'euros au début du mois d'octobre.

Le 14 décembre, l'expert rend son rapport. Il y a eu trois foyers et le feu a été bouté à l'aide d'une flamme vive. Le 18 janvier 2018, le juge d'instruction est saisi par le procureur du roi. Plusieurs devoirs d'enquête sont menés.

Le 12 mars, le juge d'instruction, le chef d'enquête et l'expert en incendie débarquent sur la scène de crime. Les scellés ont été brisés. Marjorie a déménagé, elle s'est installée dans un appartement de la rue d'Havré à Mons où elle est interpellée par la police, puis privée de liberté. Plusieurs courriers appartenant à la victime sont retrouvés dans l'ancienne maison de Marjorie, laissée dans un état déplorable. Il y a aussi un caméscope ayant appartenu à la victime. Dans la maison de Patricia, un poêle à pétrole ne se trouve pas à sa place habituelle.

L'accusée a été auditionnée à plusieurs reprises durant l'instruction, multipliant les contradictions. L'enquête de moralité n'est guère flatteuse, elle est décrite comme menteuse et manipulatrice. Douze notices pour vols, escroqueries, faux et usage de faux ont été ouvertes à la police mais elle n'a jamais été condamnée par la justice.