Pierre Hustin, avocat général à la cour d'assises du Hainaut, a requis vendredi la peine de réclusion criminelle à perpétuité contre Marjorie Leclercq reconnue coupable, jeudi soir, d'avois bouté le feu chez sa voisine Patricia Allemeersch avec les circonstances aggravantes de mort et de nuit. Elle est aussi coupable de faux, usages de faux, abus de confiance, vols et de plusieurs fraudes informatiques.

Jeudi soir, les jurés avaient prononcé la culpabilité de Marjorie Leclercq pour l'incendie perpétré le 12 novembre 2017 dans la maison de Patricia Allemeersch à la rue du Pont Beumier à Jemappes, alors qu'elle contestait être l'incendiaire. Pour les jurés, elle avait un mobile, cacher le vol de la carte bancaire de la victime. La veille des faits, Marjorie Leclercq avait vidé les comptes bancaires de la victime, laissant 1,85 euro sur son compte à vue. De plus, elle était sur les lieux à un moment très proche du début de l'incendie. Enfin, elle connaissait la nature du produit accélérant, du pétrole lampant, utilisé par l'auteur des faits avant les analyses des experts.

L'avocat général n'a retenu aucune circonstance atténuante sur la gravité des faits commis. "Elle a bouté le feu autour du lit de la victime qui craignait le feu et elle a tenté de manipuler l'enquête", a déclaré l'avocat général. Le magistrat n'a entendu aucun regret chez l'incendiaire, laquelle n'avait aucun antécédent judiciaire au moment des faits. Selon les psychiatres, Marjorie Leclercq présente des traits antisociaux, pouvant tromper autrui par plaisir. L'accusation ne remarque aucun début d'amendement chez elle. "Son profil psychiatrique n'inspire pas à l'optimisme, tendance au mensonge, au parasitisme avec risque de récidive", conclut l'avocat général.

La défense respecte la décision du jury "mais le réquisitoire de l'avocat général est d'une sévérité hors norme"

Me Fabian Lauvaux a contesté la peine de réclusion criminelle à perpétuité réclamée par l'avocat général contre sa cliente, Marjorie Leclercq. "Une peine comprise entre cinq et dix ans de réclusion s'impose", a déclaré Me Lauvaux. Pour les jurés, elle avait un mobile, cacher le vol de la carte bancaire de la victime. La veille des faits, Marjorie Leclercq avait vidé les comptes bancaires de la victime, laissant 1,85 euros sur son compte à vue. De plus, elle était sur les lieux à un moment très proche du début de l'incendie. Enfin, elle connaissait la nature du produit accélérant, du pétrole lampant, utilisé par l'auteur des faits avant les analyses des experts.

Même si la défense avait plaidé l'acquittement de l'accusée pour l'incendie, elle respecte la décision du jury "mais le réquisitoire de l'avocat général sur la peine me laisse sans voix, ses réquisitions sont d'une sévérité hors norme", avoue Me Lauvaux. Des circonstances atténuantes ont été plaidées par la défense. Sur la personnalité de l'accusée, Me Lauvaux estime qu'elle est immature et peu construite. D'énormes faiblesses psychologiques sont pointées du doigt par la défense. "Elle a besoin d'une injonction de soins, ce sont les experts qui le disent", poursuit Me Lavaux.

La défense note dans le rapport d'expertise que le risque de récidive n'est pas marqué. "Sanctionnez-la mais aidez-la aussi à trouver sa place dans cette société car elle ne l'a pas encore trouvée". Enfin, la défense conclut par l'absence d'antécédent judiciaire chez l'incendiaire. Cette dernière a déclaré qu'elle avait énormément d'empathie pour la famille de la victime et a présenté ses excuses car, dit-elle, elle est honteuse d'avoir volé Patricia.

Le jury et la cour sont partis débattre sur la peine. Un arrêt est attendu dans la journée.