La cour d'assises du Hainaut a entendu mardi des témoins, en majorité des riverains de la rue du Pont Beumier à Jemappes où un incendie a tué Patricia Allemeersch le 12 novembre 2017. Il ressort des témoignages que la quiétude du quartier a été troublée par l'arrivée de l'accusé, Marjorie Leclercq qui nie être l'auteure de l'incendie. Les riverains de cette petite rue en cul-de-sac se souviennent de cette soirée où les pompiers ont débarqué dans la quartier pour combattre le feu qui ravageait la maison de Patricia Allemeersch, une femme sans histoire dont le seul vice était de boire. 

Tous se souviennent aussi de l'attitude de Marjorie Leclercq, la voisine qui a donné l'alerte et qui a déclaré qu'elle avait tenté de sauver Patricia. "Elle n'avait aucune brûlure, aucune trace de suie sur ses vêtements ou sa figure. Ses lunettes étaient intactes. Si elle avait arraché le volet, comme elle le prétend, il y aurait dû y avoir des traces", a déclaré une voisine. "Elle disait que le volet lui avait explosé à la tête mais elle n'avait rien, c'était bizarre", ajoute une autre voisine.

Son fils avait aussi un comportement étrange. Au moins deux témoins l'ont entendu dire, "un linge sur un feu à pétrole, ça part vite, hein maman!". Selon une voisine, il s'inquiétait aussi de la présence d'une caméra sur sa façade. Enfin, le fils parlait de trois foyers alors que ceux-ci n'ont été découverts que le lendemain par le chien pisteur.

Outre le fait que l'accusée insistait sur la dépression et les tendances suicidaires de la victime, ce qui a été démenti par tous les témoins, elle a déclaré à la cantonade, devant ses voisins, quelques jours après le crime: "et alors cette affaire? Elle est classée maintenant? C'est bien un suicide?"

Pour les riverains, cette nouvelle voisine, arrivée dans le quartier deux mois plus tôt, est vite devenue suspecte d'autant plus que son train de vie avait changé après la mort de Patricia dont elle avait vidé les comptes bancaires la veille de l'incendie. Sur ce point, l'accusée est en aveux. Cela pourrait donc être un mobile.

Patricia Allemeersch
Patricia Allemeersch © D.R.

Enfin, il ressort des témoignages que la victime était une brave femme, qui pouvait se montrer méchante en paroles quand elle avait bu, et qu'elle prenait soin de stocker les matières inflammables dans un garage situé à quelques mètres de sa maison. Elle ne voulait pas mourir dans un incendie, comme l'une de ses amies trente ans plus tôt. Le jour des faits, elle s'était plainte de sa voisine devant témoins, qu'elle soupçonnait du vol de sa carte bancaire.

Ce mercredi, la cour entendra les derniers témoins avant de laisser les avocats de parties civiles plaider la culpabilité de l'accusée, laquelle conteste l'incendie.