Marjorie Leclercq a également été reconnue coupable de divers vols, de fraudes informatique et de faux et usage de faux. La veille des faits, Marjorie Leclercq avait vidé les comptes en banque de la victime après lui avoir dérobé sa carte bancaire.

Après près de cinq heures de délibération, les jurés ont estimé que Marjorie Leclercq avait bien bouté le feu chez sa voisine afin de masquer le vol, ce qu'elle contestait. Les jurés ont exclu l'intervention d'un tiers car l'accusée était présente dans la maison dans un temps très proche du début de l'incendie. De plus, elle seule connaissait la nature du liquide inflammable déversé dans la maison.

Le 12 novembre 2017, à 20h46, Marjorie appelait les secours pour signaler qu'un incendie ravageait la maison numéro 26 de la rue du Pont Beumier à Jemappes. Un corps a été retrouvé dans la maison, il s'agissait de Patricia Allemeersch, 56 ans. Un chien et un chat ont également péri par le feu.

Le soir des faits, le fils de Marjorie Leclercq parlait déjà de trois foyers alors qu'ils n'ont été découverts que le lendemain par le chien pisteur et par l'expert en incendie.

Marjorie, entendu comme témoin par la police, a déclaré qu'elle avait voulu sauver sa voisine dépressive et suicidaire. Or, il ressort de l'enquête que la victime n'était ni dépressive, ni suicidaire et qu'elle redoutait de mourir dans un incendie.

Après les funérailles de Patricia, ses soeurs ont découvert que ses comptes en banque avaient été vidés. Il ne restait plus qu'1,25 euro alors qu'il contenait entre 5.000 et 7.000 euros quelques semaines plus tôt. Des achats avec sa carte bancaire avaient été effectués dans des magasins et des fast food que la victime ne fréquentait pas. De plus, trois virements avaient été faits, le 11 novembre, vers le compte de Marjorie Leclercq, laquelle s'est achetée un chien de race, le 12 novembre, contre 1.200 euros alors qu'elle était endettée.

L'affaire passa du stade de l'information judiciaire à l'instruction. Une série de devoirs d'enquête ont permis de procéder à l'arrestation de Marjorie Leclercq, le 12 mars 2018. Après la thèse du suicide, elle a parlé d'un accident. Elle a déclaré qu'une dispute avait éclaté avec la victime, laquelle lui avait jeté un bidon d'essence à la figure. Elle a alors rejeté le bidon qui s'est vidé sur le sol. Ensuite, sa cigarette est tombée accidentellement sur le sol recouvert de pétrole lampant.

La nature du combustible était inconnue à ce moment-là et l'expertise a permis de relever ce produit, déversé en grande quantité, dans la maison. De plus, l'expertise a conclu qu'une cigarette tombant sur du pétrole lampant ne pouvait provoquer un incendie.

Pour l'accusation, Marjorie Leclercq avait un mobile, masquer le vol de la carte bancaire de la victime. Pour la défense, il n'y avait aucune preuve qu'elle avait bouté le feu. Le jury a tranché, elle est coupable.

Le débat sur la peine aura lieu demain/vendredi.