Mons

L'avocat louviérois est revenu sur les antécédents judiciaires de son client et a tenu à remettre l'église au milieu du village.

Maître Jean-Edmond Mairiaux a plaidé, vendredi, l'acquittement de Torino Dubois devant la cour d'assises du Hainaut pour le vol avec meurtre commis la nuit du 20 au 21 octobre 2016 à la ferme Libiez de Roisin. Depuis le 13 février 2017, quand il s'est présenté à la police judiciaire de Mons, il conteste les faits. "Depuis le 13 février 2017, quand il s'est présenté à la police judiciaire de Mons, il conteste les faits. Entendu trois fois durant l'enquête. Il a toujours nié son implication", a déclaré Me Mairiaux, son avocat qui a demandé aux jurés de juger son client "à partir d'une feuille blanche et pas de son casier judiciaire".

L'avocat louviérois est revenu sur les antécédents judiciaires de son client et a tenu à remettre l'église au milieu du village. "On a beaucoup parlé d'une bagarre mortelle qui s'est déroulée sur la Grand-Place de Mons en 2014. Il a fait trois mois de préventive mais conteste avoir participé à cette agression. Le ministère public avait rédigé un réquisitoire de non-lieu mais la chambre du conseil l'a renvoyé devant le tribunal correctionnel pour une prévention de non-assistance à personne en danger."

En mars 2019, la cour d'appel du Hainaut l'a condamné d'une peine de 12 mois de prison pour vol de cigarettes en bande. "Ces faits ont été requalifiés. Jamais, il n'a été condamné pour un vol avec violence", insiste son avocat.

Me Mairiaux ajoute que Torino Dubois a été acquitté par le tribunal correctionnel le 19 septembre 2019, pour une série de vols. "Cet acquittement révèle plusieurs choses. Il a nié, il a été acquitté et le ministère public ne fait pas appel. Les enquêteurs étaient les mêmes que dans ce dossier-ci. Ils l'avaient dans le pif", poursuit l'avocat.

L'avocat a ensuite contesté les éléments énoncés par l'accusation. Le téléphone attribué par les enquêteurs à Torino : "je constate, à travers un PV, qu'il s'agit d'une carte prépayée non identifiée associé à un numéro d'appareil, entre le 1er octobre et 9 novembre. Ce GSM n'est retrouvé nulle part". La trace de semelle relevée près de la ferme. "On ne sait en retirer aucune conséquence". Il n'accorde aucun crédit non plus aux déclarations de Franz Pottiez. Le procès reprendra lundi avec la plaidoirie des avocats de Brondon Kempfer.

Dans la nuit du 20 au 21 octobre 2016, vers 01h30, deux hommes armés sont entrés par effraction dans la ferme des Libiez. Proche de la frontière, ceux-ci vendait du tabac, objet du vol. Des coups de feu ont été tirés lors de l'attaque. Les frères Bernard et Jean-Claude Libiez ont été touchés. Jean-Claude est décédé, tandis que Bernard était admis à l'hôpital dans un état grave. Leur mère se trouvait en état de choc. Jeudi, l'avocat général avait demandé aux jurés de reconnaître la culpabilité des six accusés (Loïc Harvengt, Josué Krier, Torino Dubois, Thomas Audin et Sylvie Cuelle) pour le vol avec meurtre. Un arrêt pourrait être prononcé mardi prochain.