Les avocats des parties civiles, Me Ureel et Me Mayence, ont plaidé devant la cour d'assises du Hainaut à Mons que Marjorie Leclercq est bien la personne qui a bouté le feu à la maison de Patricia Allemeersch, le 12 novembre 2017 à Jemappes. Me Ureel a rappelé que la victime était née à Mont-sur-Marchienne, dans le pays noir. Très jeune, Patricia a été placée dans une institution de la région montoise.

Elle menait une vie normale à la rue du Pont Beumier, jusqu'à l'arrivée de Marjorie Leclercq dans le quartier, en septembre 2017. "Son arrêt de mort a été signé quand son chien a été placé chez l'accusée, à qui elle a accordé trop vite sa confiance", a relaté l'avocat.

La victime avait selon lui un autre problème, la boisson, mais elle n'était certainement pas suicidaire, de nombreux témoins l'ayant déclaré. "Cette femme avait plein de projets, dont celui de se rendre sur la tombe de Claude François. Deux dames ont même déclaré qu'elle remontait la pente depuis la mort de son compagnon."

L'image de la victime est opposée à celle de l'accusée "qui fait preuve d'une certaine audace et qui a une très haute estime d'elle-même". L'avocat rejoint les experts en déclarant qu'elle est manipulatrice. "Elle a même volé ses propres gosses, les bras m'en tombent", a-t-il ponctué.

Me Mayence a quant à lui argumenté que c'est Marjorie Leclercq qui a bouté le feu qui a causé la mort de Patricia Allemeersch. Son mobile d'après lui: voler la carte bancaire de la victime et transférer de l'argent vers son propre compte.

Si le fils de l'accusé avait déclaré, le soir des faits, qu'il y avait trois foyers dans la maison alors que cette découverte fut faite le lendemain, Marjorie Leclercq a été la première à parler du combustible déversé en grande quantité, du pétrole lampant. C'est à partir de sa déclaration du 18 mars 2018 que des analyses ont pu être effectuées sur la scène de crime.

L'avocat pénaliste a repris toutes les versions de l'accusée, adaptées au fil de l'enquête, mais aussi ses aveux qui ont évolué lors de l'instruction. Il a développé douze arguments qui, selon lui, prouvent que c'est elle qui a mis le feu, prenant soin de placer trois foyers autour du lit de la victime, afin de l'empêcher de fuir.

Le réquisitoire de l'avocat général aura lieu ce jeudi, suivi de la plaidoirie de la défense et des répliques. Un arrêt sur la culpabilité pourrait être prononcé ce jeudi soir.