La cour d'assises du Hainaut a auditionné mercredi les derniers témoins de moralité dans le cadre du procès de Xavier Van Den Brandt, accusé du meurtre de Véronique Quidouce et de coups portés à celle-ci. La victime a été tuée par strangulation le 27 décembre 2018. La cour a notamment auditionné celle que l'accusé appelait "tatie" mais qui n'était pas sa tante. L'ancienne tenancière du café Les Armes de Nimy a été la première à témoigner. Elle se souvient de l'accusé, "un homme gentil mais avec un rire qui me déplaisait" qui lui a fait une salle blague. L'accusé est arrivé dans son café pour annoncer la mort de son fils, alors en vacances en Espagne avec sa maman. "Je suis allé chercher des fleurs et je suis allé chez ses parents. J'ai attendu chez lui, personne n'est venu. J'ai appelé les pompes funèbres qui m'ont dit que c'était un mensonge. J'ai refusé, dès lors, qu'il remette les pieds dans mon café". Le père de Xavier a remboursé les fleurs et les a déposées sur la tombe de son propre père.

Carlo Borgno, administrateur des pompes funèbres qu'il a fondées, est venu témoigner devant la cour. L'accusé a travaillé chez lui. "Comme il venait d'une famille honorable que je connaissais bien, je l'ai engagé comme porteur mais c'était un affabulateur. Il est parti car cela n'allait plus. Il inventait des histoires pour ne pas venir. Il disait qu'il avait de l'expérience, il se faisait passer pour notre représentant de Binche alors que nous n'avions pas de succursale à Binche."

Enfin, la cour a auditionné la femme que l'accusé appelait "Tatie" mais qui n'était pas sa tante. Âgée de 82 ans, cette dame l'avait rencontré quand il tenait son café à Montignies-lez-Lens. Sous serment, elle déclare qu'elle n'entretenait aucune relation amoureuse avec l'accusé. Elle qualifie plutôt leur relation de maternelle.

Elle connaissait Véronique Quidouce et en avait peur. "Je l'ai vue trois fois. La première fois, au café, elle a dit avoir rencontré l'homme de sa vie. Et puis, elle m'a menacée, me traitant de vieille p? me disant qu'elle allait m'avoir, tout casser chez moi. Une autre fois, en rue, elle a stoppé sa voiture et elle m'a menacé". Elle ajoute qu'elle a souvent vu Xavier revenir chez elle avec des coups sur le visage et ses lunettes cassées.

La veille dame ne se rappelle plus de la date exacte du jour où Xavier a débarqué chez elle, à la fin du mois de décembre. Elle ne se souvient plus de lui avoir prêté 2.000 euros. Le ministère public a dû relire sa déclaration, faite le 21 février 2019, alors que le président l'a menacée d'aller réfléchir en cellule. "Oui, c'est vrai. Il m'a remboursé en cinq fois. Je l'avais oublié celle-là", dit-elle.

Elle a déclaré, ensuite qu'elle avait eu un contact téléphonique, mercredi matin car elle était stressée de témoigner devant la cour.

Enfin, d'autres témoins ont parlé de l'accusé en bien devant la cour alors que ses ex-compagnes l'ont qualifié de menteur et de manipulateur. Sur ce point, elles se rejoignent toutes.

Les plaidoiries débuteront mercredi après-midi.